Sugarland express

Après le fantastique suspense de «Duel» et la terreur aquatique des «Dents de la mer», Steven Spielberg, promu jeune prodige du nouvel Hollywood, fut amené à mettre en scène ce thriller spectaculaire, qui s’inspire d’un fait divers authentique.Sugarland express En 1969, un jeune détenu avait réussi à s’évader, avec la complicité de sa femme, d’un pénitencier du Texas. C’était le début d’une fantastique cavale, retransmise en directe par toutes les stations de radio et de télévision… Spielberg a confié à Goldie Hawn le rôle de Lou Jean, la jeune femme qui déclenche l’affaire et la mène jusqu’à bout à un train d’enfer, au nez et à la barbe de la police qui ne peut intervenir (un officier a été pris en otage par le couple fugitif), mais qui suit à distance respectueuse. Le spectacle de cette longue caravane de voitures de police bardées de sirènes et de clignotants est un magnifique symbole de l’absurdité et de la démesure qui peuvent régner aux États-Unis, dans le style «un marteau pilon pour écraser une mouche»… Chez nous, «Sugarland express» ne fut pas un succès phénoménal ; le nom désormais glorieux de Spielberg devrait aujourd’hui permettre de réparer cette injustice.

La nuit des jugesLa nuit des juges

Chaque film de Peter Hyams est d’abord un plaisir de l’image. «Outland», «Capricorn one», «2010», «Guerre et passion», etc. Chacun de ses films a une atmosphère et une couleur. Hyams aime jouer avec les sensations et les émotions de son public. Sa «Nuit des juges» met en garde contre les «vigilants», ceux qui veulent faire justice eux-mêmes… mais le film s’assume avant tout comme un spectacle. Une sorte de roller-coaster à suspense qui vous envoie des lumières irisées en plein dans la rétine ou vous plonge dans des couloirs étroits et labyrinthiques. Un juge de la cour suprême de Los Angeles commence à être exaspéré de voir des criminels évidents remis en liberté pour une ‘question de vice de forme dans la procédure. Au début du film, le message est clair : à trop vouloir protéger la liberté individuelle, on finit par mettre en danger la sécurité publique. Le jeune juge (interprété par un Michael Douglas qui a la même mâchoire déterminée et le même regard douloureusement exaspéré que sa star de père) finit par craquer. Un de ses pairs, un autre juge qu’il respecte et admire, lui propose de participer à une autre chambre de justice, une société secrète constituée de douze magistrats réputés et respectés qui ont décidé de pallier aux manques de la justice par… l’auto justice ! Au début, tout est beau. Le côté cérémonieux de l’entreprise le rassure. Mais très vite, le petit juge s’aperçoit que ce tribunal, aux méthodes expéditives, risque autant l’erreur judiciaire que le tribunal officiel. Et les exécutions rapides ne permettent pas de réparer l’erreur. Sa crise de conscience et sa volonté de sauver les futurs condamnés de ce tribunal d’exception mettent sa vie en danger… Peter Hyams a réussi un thriller aussi passionnant qu’intelligent. Et un plaidoyer pour la tolérance… ce n’est pas si courant, de nos jours, dans le cinéma américain !

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