Le silence d’ailleurs

Le silence d'ailleurs Une route droite qui s’échappe vers l’infini, une station-service isolée en plein désert, ça ne vous rappelle pas quelque chose ? Cette fois-ci, le décor est planté dans le sud de la France, quelque part à côté d’une grande ville qui suscite les convoitises de Jeanne, une jeune femme qui ne réussit pas à guérir du départ inattendu de son mari. Elle vit avec Marcel, un compagnon provisoire, et son fils, Christophe. Cigarette à la main, douze ans sur le visage et vingt dans la tête, le jeune garçon est persuadé que chaque jour qui passe le rapproche du retour de son père. Un jour, il rencontre Mostephe, un Algérien de vingt-cinq ans, qui fait tomber une à une les barrières qui les séparent… Dès les premières images, «Le silence d’ailleurs » donne une impression de déjà-vu. Les étendues désertes de « Bagdad Café » se mêlent maladroitement à une musique dérivée de celle du « Grand bleu » et une canicule digne de « 37°2 le matin ». L’histoire de cet enfant déchiré par la séparation de ses parents ne fait pas particulièrement preuve d’originalité. Pour son premier film, Guy Mouyal a voulu raconter une histoire simple. Dommage que son scénario parte dans tous les sens et que les relations entre ses personnages demeurent inachevées… Restent le charme de Clémentine Célarié et la bonhomie habituelle de Michel Galabru qui campe un tonton bourru au cœur tendre. Et puis, il y a la découverte du film, le jeune Grégoire Colin, confondant de naturel. Il fait là des débuts prometteurs.

Do the right thing

Do the right thingUn quartier noir de Brooklyn en été. Il n’a jamais fait aussi chaud. Tout le monde est nerveux. Point crucial de ce foyer torride la pizzeria tenue depuis vingt ans par Sal (Danny Aiello), qui est d’origine italienne et n’affiche sur son mur que les portraits de ses héros italo-américains, alors que tous ses clients sont noirs. L’un d’entre eux hurle à la discrimination, il se fait virer par Sal qui s’estime seul maître dans sa pizzeria. Son livreur Mookie (Spike Lee lui-même), un brave garçon qui se laisse vivre en travaillant le moins possible, intervient en conciliateur jusqu’au moment où son patron se met en tête de courtiser sa sœur. Alors le macho l’emporte sur le rigolo.., et donne même le signal de l’émeute. Tout cela est bien réalisé, certes : Spike Lee analyse le déclenchement des réflexes racistes et la force insidieuse des préjugés, son suspense est dramatique, inexorable. L’ennui est qu’il est aussi raciste que Mookie son porte-parole. A Cannes, le réalisateur a multiplié les déclarations qui ne laissent aucun doute : son propos n’est pas seulement révolté et extrémiste… Son racisme à rebours débouche sur une apologie de la violence aveugle.

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