Dollars

DollarsCombien avons-nous vu au cinéma d’histoires de hold-up ? Mieux vaut renoncer à compter. Le principe du genre : faire toujours mieux, toujours plus extraordinaire dans l’exploit. Dans cette série à rebondissements et à sensations, Richard Brooks a marqué une date mémorable avec «Dollars». Dans le même film, il réussit à réunir : le plus sophistiqué des systèmes de sécurité, le plus astucieux des cambriolages, le suspense le plus fou et la plus dangereuse des tentatives de revanche des cambriolés… Le décor : une banque de Hambourg (dont le directeur est le rubicond Gert Froebe). Joe Collins, expert yankee, vient d’y installer un système défensif inviolable. Sauf, évidemment, par lui-même, le seul qui connaisse la faille de son appareillage électronique. Il ne lui reste qu’à choisir ses victimes : habilement, il jette son dévolu sur les coffres privés de trois lascars qui ne pourront jamais se plaindre d’avoir été volés, parce qu’ils sont eux-mêmes des escrocs de première. Le coup réussit magnifiquement, et… la poursuite commence, car nos trois aigrefins dépouillés s’unissent pour récupérer leur magot respectif. Une bonne manière de renouveler un thème connu, avec la complicité de Warren Beatty (le gentleman voleur), Goldie Hawn (sa pétulante complice), Gert Froebe (le savoureux banquier). Un fameux divertissement.

L’homme qui en savait trop

L'homme qui en savait tropLe sujet tient à cœur à Maître Hitch… puisqu’il en réalisa une première version, en noir et blanc, en 1934 et en Angleterre. Là, on est en 1956, aux États-Unis et en couleur. «L’homme qui en savait trop» fait partie de ces invisibles de Universal que l’on ne pouvait entrevoir qu’à la Cinémathèque française — par droit spécial — et qui sont ressortis sur les écrans l’an passé. Cette complexe histoire d’une brave famille de touristes embringuée dans une affaire d’espionnage qui la dépasse est très symptomatique du genre de suspense qu’aimait le bel et facétieux Alfred ! Comme dans «La mort aux trousses» et quelques autres, un innocent commence par subir et, pour sauver sa peau (ou ici, celle de son fils), prend les choses en mains et dénoue l’inextricable mystère avant de renvoyer les méchants dans leur boîte à malices. «L’homme qui en savait trop» ne se raconte pas, mais se déguste… parce que le subtil Hitchcock joue avec nos nerfs, notre perspicacité et s’amuse à nous faire sursauter sur l’instant. Il joue aussi beaucoup avec l’assimilation spectateur-héros du film. Ça pourrait arriver à n’importe qui d’être pris pour un autre, de se voir confier par un mourant un secret qu’on n’a pas voulu entendre, de ne pas savoir résister à la curiosité, de voir sa tranquillité perturbée et de se retrouver en train de sauver la peau d’un important homme politique étranger… Le couple Stewart (qui est complètement intégré à l’univers hitchcockien) et Doris Day (nouvelle venue et superbe comédienne) est un régal. Comme la musique du film signée Bernard Hermann qui a une importance dramatique qu’on ne soupçonne pas ! Surtout un coup de cymbales ! Comme la chanson du film (chantée par Doris Day) qui, elle aussi, intervient comme un élément dramatique important de l’intrigue. Attention, plaisir authentique !

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