déc 05

Witness

WitnessKELLY McGillis. Ouf, ça y est : Harrison Ford a enfin une partenaire normale en la personne de Kelly McGillis dans «Witness» de Peter Weir. Il faut dire que jusqu’ici, le pauvre ne savait plus où donner de la tête, partagé entre les princesses futuristico-robotisées de «La guerre des étoiles» et autres «Bladerunner», et les mijaurées piaillantes chères à Indiana Jones et son arche perdue. Les nombreux spectateurs de «Witness» ont, pour leur part, définitivement adopté ladite Kelly transformée, pour les besoins de l’intrigue, en membre de la communauté religieuse Amish dont le petit garçon est le témoin d’un crime. Elle a beau traverser le film coiffée d’un bonnet blanc à tendance néo-Bécassine, elle n’en fascine pas moins Harrison F. alias un flic traqué qui se réfugie chez elle. Hors écran et débarrassée de ses pittoresques oripeaux de mère Mac(a)mish, Kelly McGillis se révèle d’un tempérament passionné, plus proche de sa composition dans «Reuben, reuben» face à Tom Conti en 1981 que du personnage qu’elle incarne dans le film de Peter Weir. Mais la vraie passion de Kelly, du moins la seule qu’elle affiche volontiers, demeure le théâtre où elle effectue de fréquents retours aux sources.

Insignificance

InsignificanceTheresa Russell. Une actrice américaine blond platine tourne une scène où, debout sur une grille de métro, elle voit sa jupe blanche prendre l’air. Marilyn, vous avez dit Marilyn ? Vous n’y êtes pas tout à fait, nom d’un poupoupidou ! Il s’agit de Theresa Russell qui, dans «Insignificance» de Nicholas Roeg, se charge de nous évoquer la célèbre star US. Mais, même affublée de la perruque, de la robe et des mimiques de Marilyn, Theresa Russell —vingt-huit ans — parvient à rester elle-même dans ce film où elle est dirigée pour la troisième fois par Roeg, son réalisateur fétiche. C’est lui qui lui avait donné sa première grande chance en lui confiant, en 1979, le rôle principal de «Enquête sur une passion», un polar esthético-métaphysique. Mais c’est en 1985 que Theresa confirme les espoirs placés en elle puisqu’elle est la vedette de «Euréka» de Roeg (enclore !) avec Gene Hackman, du remake du «Fil du rasoir» face à Bill Murray, et enfin de «Insignificance», toujours sous la houlette de Roeg. Soucieuse de n’incarner que des personnages qui lui plaisent moralement (Ah, les impératifs de la vocation !), Theresa se consacre aujourd’hui aux joies de la maternité. Le futur papa ? Nicholas Roeg, of course !

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nov 19

Le déserteur

Le déserteurLe capitaine Caleb, de retour de mission, trouve sa femme si horriblement mutilée par les Apaches qu’il est contraint de l’achever. Il la venge, accuse de négligence la garnison locale, blesse un major, et déserte. Quelques années plus tard, le général Miles arrive de Washington, chargé d’empêcher une invasion apache imminente. Seul Caleb est capable de l’aider dans cette tâche. Amnistié sur l’intervention de Miles, celui-ci accepte. Il reçoit carte blanche de l’armée pour former un commando d’une vingtaine d’hommes. Entraînés intensivement, ceux-ci partent, par une nuit de pleine lune, pour tenter de capturer le chef des Apaches. Ils vont affronter mille périls pour remplir leur mission sous les ordres d’un Caleb galvanisé par sa soif de vengeance. Le thème classique du héros solitaire, forte-tête et rebelle à l’autorité, est traité par Burt Kennedy au fil d’un western solidement réalisé, respectant la grande tradition du genre.

L'homme de la plaineL’homme de la plaine

Le capitaine Will Lockhart(James Stewart) débarque avec ses grosses santiags dans la petite localité de Coronado. Il poursuit, sans le connaître, un trafiquant qui vend des armes aux Apaches et qui a causé la mort de son frère. C’est dans cette petite ville que Will Lockhart va trouver l’amour… et la haine. C’est là aussi qu’il va déjouer nombre pièges et complots en se heurtant aux propriétaires terriens de la région. «L’homme de la plaine», d’Anthony Mann, fait partie de ces westerns classiques des années cinquante. Un western hard les rapports humains sont durs, les hommes cruels et les régions sauvages. Un brut western de pionniers qui ne laisse de la place aux sentiments que lorsque ça en vaut vraiment la peine. Sauvage !

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nov 07

Killer adios

Coproduction italo-espagnole, ce western-spaghetti s’inscrit dans le raz-de-marée de la fin des années 60. Du vrai western de série avec une obscure histoire de vengeance qui parle beaucoup et se ponctue seulement de quelques scènes de meurtres ou de duels au pistolet… bien timides !Killer adios «Killer adios» , c’est le justicier dans la ville… Un jeune mec reçoit une étoile de shérif et vient réparer, dans le sang, les injustices qui lui ont été faites en démasquant les coupables d’un carnage et en luttant contre la corruption. Tous les clichés sont au rendez-vous : saloon, traîtres, grande rue avec population timorée, jeune héroïne sexy, etc. Et, au milieu de tout cela, se promène Une «tarte molle» blonde aux yeux bleus qui ne sourit jamais, ne desserre jamais les dents, ôte rarement son chapeau (mais c’est pour préserver l’effet final !) et a une drôle de façon de tuer légalement et froidement les gens avant de leur avoir laissé le temps de s’expliquer. Ce blondinet, raide comme l’auto justice, c’est Peter Lee Lawrence qui traîna sa mine de gros bébé boudeur nourri au pop corn dans un certain nombre de séries Z italiennes drames historiques, aventures exotiques, nombreux westerns-spaghetti et même un ou deux péplums. Le réalisateur du film, Primo Zeglio, a travaillé dans le même domaine avec plus ou moins de bonheur. Grand spécialiste du combat de pirates ou de l’orgie antique, on lui doit des films aussi inoubliables que «Néron, tyran de Rome», «La vengeance du corsaire» ou «Sémiramis, déesse de l’Orient». C’est tout un «cinoche» populaire et naïf que nous offrent Primo Zeglio et Peter Lee Lawrence. Du moment qu’on y apporte son « second degré » ou sa nostalgie… ça ne manque pas de goût !

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oct 18

Dollars

DollarsCombien avons-nous vu au cinéma d’histoires de hold-up ? Mieux vaut renoncer à compter. Le principe du genre : faire toujours mieux, toujours plus extraordinaire dans l’exploit. Dans cette série à rebondissements et à sensations, Richard Brooks a marqué une date mémorable avec «Dollars». Dans le même film, il réussit à réunir : le plus sophistiqué des systèmes de sécurité, le plus astucieux des cambriolages, le suspense le plus fou et la plus dangereuse des tentatives de revanche des cambriolés… Le décor : une banque de Hambourg (dont le directeur est le rubicond Gert Froebe). Joe Collins, expert yankee, vient d’y installer un système défensif inviolable. Sauf, évidemment, par lui-même, le seul qui connaisse la faille de son appareillage électronique. Il ne lui reste qu’à choisir ses victimes : habilement, il jette son dévolu sur les coffres privés de trois lascars qui ne pourront jamais se plaindre d’avoir été volés, parce qu’ils sont eux-mêmes des escrocs de première. Le coup réussit magnifiquement, et… la poursuite commence, car nos trois aigrefins dépouillés s’unissent pour récupérer leur magot respectif. Une bonne manière de renouveler un thème connu, avec la complicité de Warren Beatty (le gentleman voleur), Goldie Hawn (sa pétulante complice), Gert Froebe (le savoureux banquier). Un fameux divertissement.

L’homme qui en savait trop

L'homme qui en savait tropLe sujet tient à cœur à Maître Hitch… puisqu’il en réalisa une première version, en noir et blanc, en 1934 et en Angleterre. Là, on est en 1956, aux États-Unis et en couleur. «L’homme qui en savait trop» fait partie de ces invisibles de Universal que l’on ne pouvait entrevoir qu’à la Cinémathèque française — par droit spécial — et qui sont ressortis sur les écrans l’an passé. Cette complexe histoire d’une brave famille de touristes embringuée dans une affaire d’espionnage qui la dépasse est très symptomatique du genre de suspense qu’aimait le bel et facétieux Alfred ! Comme dans «La mort aux trousses» et quelques autres, un innocent commence par subir et, pour sauver sa peau (ou ici, celle de son fils), prend les choses en mains et dénoue l’inextricable mystère avant de renvoyer les méchants dans leur boîte à malices. «L’homme qui en savait trop» ne se raconte pas, mais se déguste… parce que le subtil Hitchcock joue avec nos nerfs, notre perspicacité et s’amuse à nous faire sursauter sur l’instant. Il joue aussi beaucoup avec l’assimilation spectateur-héros du film. Ça pourrait arriver à n’importe qui d’être pris pour un autre, de se voir confier par un mourant un secret qu’on n’a pas voulu entendre, de ne pas savoir résister à la curiosité, de voir sa tranquillité perturbée et de se retrouver en train de sauver la peau d’un important homme politique étranger… Le couple Stewart (qui est complètement intégré à l’univers hitchcockien) et Doris Day (nouvelle venue et superbe comédienne) est un régal. Comme la musique du film signée Bernard Hermann qui a une importance dramatique qu’on ne soupçonne pas ! Surtout un coup de cymbales ! Comme la chanson du film (chantée par Doris Day) qui, elle aussi, intervient comme un élément dramatique important de l’intrigue. Attention, plaisir authentique !

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oct 05

Sugarland express

Après le fantastique suspense de «Duel» et la terreur aquatique des «Dents de la mer», Steven Spielberg, promu jeune prodige du nouvel Hollywood, fut amené à mettre en scène ce thriller spectaculaire, qui s’inspire d’un fait divers authentique.Sugarland express En 1969, un jeune détenu avait réussi à s’évader, avec la complicité de sa femme, d’un pénitencier du Texas. C’était le début d’une fantastique cavale, retransmise en directe par toutes les stations de radio et de télévision… Spielberg a confié à Goldie Hawn le rôle de Lou Jean, la jeune femme qui déclenche l’affaire et la mène jusqu’à bout à un train d’enfer, au nez et à la barbe de la police qui ne peut intervenir (un officier a été pris en otage par le couple fugitif), mais qui suit à distance respectueuse. Le spectacle de cette longue caravane de voitures de police bardées de sirènes et de clignotants est un magnifique symbole de l’absurdité et de la démesure qui peuvent régner aux États-Unis, dans le style «un marteau pilon pour écraser une mouche»… Chez nous, «Sugarland express» ne fut pas un succès phénoménal ; le nom désormais glorieux de Spielberg devrait aujourd’hui permettre de réparer cette injustice.

La nuit des jugesLa nuit des juges

Chaque film de Peter Hyams est d’abord un plaisir de l’image. «Outland», «Capricorn one», «2010», «Guerre et passion», etc. Chacun de ses films a une atmosphère et une couleur. Hyams aime jouer avec les sensations et les émotions de son public. Sa «Nuit des juges» met en garde contre les «vigilants», ceux qui veulent faire justice eux-mêmes… mais le film s’assume avant tout comme un spectacle. Une sorte de roller-coaster à suspense qui vous envoie des lumières irisées en plein dans la rétine ou vous plonge dans des couloirs étroits et labyrinthiques. Un juge de la cour suprême de Los Angeles commence à être exaspéré de voir des criminels évidents remis en liberté pour une ‘question de vice de forme dans la procédure. Au début du film, le message est clair : à trop vouloir protéger la liberté individuelle, on finit par mettre en danger la sécurité publique. Le jeune juge (interprété par un Michael Douglas qui a la même mâchoire déterminée et le même regard douloureusement exaspéré que sa star de père) finit par craquer. Un de ses pairs, un autre juge qu’il respecte et admire, lui propose de participer à une autre chambre de justice, une société secrète constituée de douze magistrats réputés et respectés qui ont décidé de pallier aux manques de la justice par… l’auto justice ! Au début, tout est beau. Le côté cérémonieux de l’entreprise le rassure. Mais très vite, le petit juge s’aperçoit que ce tribunal, aux méthodes expéditives, risque autant l’erreur judiciaire que le tribunal officiel. Et les exécutions rapides ne permettent pas de réparer l’erreur. Sa crise de conscience et sa volonté de sauver les futurs condamnés de ce tribunal d’exception mettent sa vie en danger… Peter Hyams a réussi un thriller aussi passionnant qu’intelligent. Et un plaidoyer pour la tolérance… ce n’est pas si courant, de nos jours, dans le cinéma américain !

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sept 21

En plein cauchemar

En plein cauchemarOn avait perdu l’habitude du film à sketches dans le cinéma fantastique. Elle revient avec la version cinématographique de «La quatrième dimension» et l’hommage de George Romero aux E.C. comics «Creepshow» Dans la foulée, voici «Nightmares». Quatre historiettes aussi réjouissantes que terrifiques. La première est aussi la meilleure et la plus efficace de la série : un maniaque échappé d’un hôpital psychiatrique fait régner la «Terreur à Topanga», et c’est le moment que choisit l’imprudente Lisa, en manque de nicotine, pour quitter le toit familial afin d’aller acheter des cigarettes. De quoi vous dégoûter du tabac à tout jamais ! Le second sketch a pour héros un jeu vidéo pas comme les autres : il s’agit d’affronter et de vaincre «L’évêque des batailles». Personne n’y est jamais parvenu, et heureusement, car ce jeu mystérieux cache un secret épouvantable ! Troisième étape de la descente aux enfers : un prêtre quitte sa paroisse, et il est pris en chasse par une grosse voiture noire sans conducteur ; ça ressemblé un peu trop à «Duel», et la fin nous laisse sur notre faim… Terminus avec «La nuit du rat», où une famille est poursuivie par un gigantesque rongeur : une histoire de grosse bête pas très originale. En fin de compte, l’ensemble est bizarrement construit : un crescendo aurait été plus approprié…

Le vendredi rouge

Harold Shand (Bob Hoskins) est un caïd de la Mafia… londonienne. Il veut monter un coup immobilier et, pour cela, en appelle à la traditionnelle Mafia américaine. Au moment où l’affaire est pratiquement au point, une série de catastrophes s’abat sur lui, dans un décor de violence portée au paroxysme meurtres, attentats, trahisons ; son empire s’écroule alors qu’un ennemi invisible s’acharne sur lui. «Le vendredi rouge» est un film d’action bien mené, construit autour d’un phénomène rarement évoqué : la Mafia british qui garde sa spécificité et ses bonnes manières en toutes circonstances. A noter la participation d’Eddie Constantine dans le rôle de Charlie, un Eddie Constantine comme un poisson dans les eaux troubles dès qu’il s’agit de jouer les tueurs de la Mafia fusse-t-elle britannique, américaine, française ou mexicaine !

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sept 12

Les seigneurs de la route

«Death race 2000» est sorti une première fois en salles sous le titre «La course à la mort en l’an 2000» puis, quelques années plus tard, le film est ressorti sous le titre Les seigneurs de la route«Les seigneurs de la route». Entre temps, Sylvester Stallone était devenu une star avec la série des «Rocky» et «Rambo». Bien qu’ayant un rôle important, il est encore très jeunot dans le film ! Il est un des pilotes de cette course très spéciale qui se situe au 21e siècle. Une sorte de «Cannonball» futuriste et sanglant. Les pilotes doivent traverser de part en part le continent américain. Tous les coups sont permis, y compris L’élimination totale et explosive de l’adversaire. On peut aussi se faire quelques points en plus en écrasant les spectateurs et badauds qui ne se garent pas assez vite. La course est diffusée par la télévision à des milliers de gens pour les consoler d’une longue période de guerre et de disette. Les jeux du cirque moderne, quoi ! Le producteur du film, le maître de la série Z d’épouvante, Roger Corman, voulait un film bien violent et très sérieux. Paul Bartel, le réalisateur, a choisi de temporiser la chose par un humour macabre et cruel très réjouissant. Du style : dans un hôpital, médecins et infirmières installent sur la route tout ce dont ils disposent comme vieillards et impotents, mais le concurrent de la course préfère faire un détour pour «cueillir» le corps médical au grand complet et se faire un bonus de points beaucoup plus important. L’autre intérêt, ce sont les voitures décorées de manière assez délirante avec pals, pics, pointes, lames, etc. Comme leur pilote et copilote, elles sont déguisées sur un thème : Frankenstein, le mafioso, la teutonne, etc. Il y a peu de véhicules. On sent les machines un peu asthmatiques. Mais le délire satirique, la méchanceté revigorante et le rire sadique sont au rendez-vous. David Carradine (le feuilleton «Kung fu») fait ce qu’il peut. Il n’a jamais été du genre très expansif. Mais dans le rôle du champion nommé Frankenstein, froid, masqué et tout couturé… il est parfait. En 1975, c’était lui le plus connu. Et c’est lui la vedette du film.

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août 30

Experiment 2000

Le titre original du film est «The crazies» et il est discrètement sorti en salles sous le titre particulièrement stupide de «La nuit des fous vivants»… Eh oui ! Quelques années plus tôt, George A. Romero s’était révélé au monde avec un petit film d’épouvante en noir et blanc, filmé comme du reportage TV 16 mm, mais terrifiant jusqu’au traumatisme : la fameuse «Nuit des morts vivants». Deux comédies (sans aucun succès et inédites en France) plus tard, Romero s’est dit que le filon de l’épouvante n’était, peut-être, pas si honteux que ça et ce fut «Experiment 2000»Experiment 2000. Mais le réalisateur n’a pas voulu refaire dans le mort vivant. Le remake (ou la suite), ce sera pour plus tard avec le très étonnant «Zombie». Là, Romero a imaginé que le gouvernement américain se lançait dans la recherche d’armes bactériologiques et jouait à l’apprenti-sorcier avec les virus. Accidentellement, il laisse échapper quelques-unes de ces charmantes petites bêtes qui contaminent les paisibles habitants d’une toute aussi pacifique région américaine. Les braves gens commencent par devenir«crazy» (… fou) et assassinent leurs proches avant de mourir. C’est l’état d’urgence. Des soldats en combinaison étanche et masque à gaz débarquent, lance-flamme et mitraillette aux côtés. Veulent-ils guérir ? Ils cherchent au moins à limiter les dégâts. Mais les «crazies» n’ont pas l’intention de se laisser faire. Et la plus paisible grand-mère en train de faire du tricot peut devenir, en une fraction de seconde la plus sanglante des meurtrières ! De plus il est très difficile d’imposer l’état de siège à une population dont chaque individu est armé… et n’a pas spécialement besoin d’être contaminé par un virus qui rend fou pour tirer sur tout ce qui bouge de travers. Les causes du désastre intéressent beaucoup moins Romero que ses conséquences. Et la peinture de la sanglante panique a de quoi terrifier. Moins immédiatement efficace que «La nuit des morts vivants», «Experiment 2000» apporte un plus grand frisson, parce que son sujet a de fortes chances de devenir, dans un proche avenir… du drame réaliste !

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août 10

Cujo

CujoEncore un roman de Stephen King adapté au cinéma ! Le monsieur (auteur de «Carry», «Shining», «Dead zone» et quelques autres) a un style très descriptif, très facile à transposer en images. Mais, alors que son roman, «Cujo», se termine assez mal, le film de Lewis Teague, «Cujo», préfère le happing ending… Cujo est un chien, un brave saint-bernard qui, lors d’une chasse au lapin, passe la tête dans un terrier et se fait mordre le nez par une chauve-souris. On le suppose enragé. En tout cas, il commence à se putréfier sur place et à tuer tout ce qui bouge. C’est le moment et le lieu que choisit une bien asthmatique voiture pour tomber en panne. Cujo menace et, à l’intérieur, une femme et son enfant sont prisonniers. Toute tentative de sortie est sanctionnée par une violente attaque du molosse assassin. Il fait chaud et le gamin se déshydrate… Pour sauver son enfant, la mère va tenter plusieurs sorties. Car, s’il lui arrive tant de malheurs… c’est, sans doute, parce que la vilaine a trompé son mari. Le bon dieu l’a punie ! Côté moralisateur, «Cujo» est donc un peu pénible. Côté Spa, c’est franchement révoltant parce que le spectacle de cet animal «enragé» devenant un monstre qui suscite la haine et le désir de le liquider au plus vite, arrive mal. Au moment où le spectre de la rage pousse certains individus à tuer d’abord et à vérifier ensuite. En France il y a quelques exemples d’excès encore particulièrement douloureux dans l’actualité. Et, sur ce plan, «Cujo» sent mauvais l’incitation à l’hécatombe canine. Mais certains diront que ce n’est que du cinéma. Lewis Teague sait ménager ses effets. Son thriller est superbement efficace. Si on est assez sage pour ne voir là que du spectacle… pourquoi ne pas frissonner devant les méfaits d’un Cujo qui serait l’équivalent terrestre du requin des «Dents de la mer» ?

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juil 31

Trash

Typique underground des années 70, «Trash», littéralement «poubelle», est à prendre d’une part au pied de la lettre, d’autre part comme un film expérimental. S’il y avait vraiment une histoire, ce serait celle de Joe (Joe Dalessandro), un paumé junkie au visage d’ange déchu de la planète poubelle. Sollicité par des femmes qu’il n’arrive pas à satisfaire, et qui pourtant sont prêtes à toutes les perversions pour l’aider, l’antihéros de «Trash» porte en lui un désespoir qui n’arrive jamais à émerger, constamment refoulé à force de piqûres d’héroïne.Trash Pas vraiment d’histoire, pas de début ni de milieu, encore moins de fin. Seulement quelques fragments épars de la vie d’un paumé, jetés plan après plan, baignant dans un climat sordide, s’attardant sur les gros plans de seringue et d’aiguilles plantées dans des avant-bras décharnés… Quant aux jeunes femmes que Joe n’arrive pas à satisfaire, elles se situeraient à mi-chemin entre Fellini et Romero. Sexe triste et drogues dures, c’est pas le rêve dans la planète Trash d’Andy Warhol.

Besoin d'amourBesoin d’amour

Ned (Gene Hackman) vient de perdre sa femme Lilly. Au moment d’annoncer la nouvelle à ses deux fils, il est surpris de voir que le plus âgé, Andrew, onze ans (Henry Thomas) a déjà tout compris et qu’il ne semble guère affecté. En réalité, c’est une réaction de pudeur, mais Ned ne comprend pas Andrew et pense qu’il doit surtout s’occuper du cadet, Miles, dont la santé est fragile. Andrew, souvent laissé à lui-même ou, à. la garde de la gouvernante Mrs. Paley, avec laquelle il s’entend mal, est victime d’une véritable incompréhension. Son père est surmené par ses affaires : il doit s’occuper de l’entreprise de transports que sa famille a fondée en Tunisie, où il vit avec les enfants. Bientôt, la gouvernante excédée s’en va et elle est remplacée par l’assistante de Ned, Kate (Maureen Kervin). Un jour, pour faire plaisir à son père, Andrew quitte la maison pour aller lui acheter un cadeau, entraînant Miles avec lui. Tout le monde croit qu’il a fait une fugue et le malentendu s’aggrave… Ce film de Jerry Schatzberg est une production de Tarak Ben Ammar : décor tunisien pour un mélo qui sent le déjà-vu, pour la bonne raison qu’il est adapté du même roman que «L’incompris» de Comencini. La confrontation de Gene Hackman et de Henry Thomas (Elliott dans «E.T.») n’a rien de palpitant.

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