oct 18

Dollars

DollarsCombien avons-nous vu au cinéma d’histoires de hold-up ? Mieux vaut renoncer à compter. Le principe du genre : faire toujours mieux, toujours plus extraordinaire dans l’exploit. Dans cette série à rebondissements et à sensations, Richard Brooks a marqué une date mémorable avec «Dollars». Dans le même film, il réussit à réunir : le plus sophistiqué des systèmes de sécurité, le plus astucieux des cambriolages, le suspense le plus fou et la plus dangereuse des tentatives de revanche des cambriolés… Le décor : une banque de Hambourg (dont le directeur est le rubicond Gert Froebe). Joe Collins, expert yankee, vient d’y installer un système défensif inviolable. Sauf, évidemment, par lui-même, le seul qui connaisse la faille de son appareillage électronique. Il ne lui reste qu’à choisir ses victimes : habilement, il jette son dévolu sur les coffres privés de trois lascars qui ne pourront jamais se plaindre d’avoir été volés, parce qu’ils sont eux-mêmes des escrocs de première. Le coup réussit magnifiquement, et… la poursuite commence, car nos trois aigrefins dépouillés s’unissent pour récupérer leur magot respectif. Une bonne manière de renouveler un thème connu, avec la complicité de Warren Beatty (le gentleman voleur), Goldie Hawn (sa pétulante complice), Gert Froebe (le savoureux banquier). Un fameux divertissement.

L’homme qui en savait trop

L'homme qui en savait tropLe sujet tient à cœur à Maître Hitch… puisqu’il en réalisa une première version, en noir et blanc, en 1934 et en Angleterre. Là, on est en 1956, aux États-Unis et en couleur. «L’homme qui en savait trop» fait partie de ces invisibles de Universal que l’on ne pouvait entrevoir qu’à la Cinémathèque française — par droit spécial — et qui sont ressortis sur les écrans l’an passé. Cette complexe histoire d’une brave famille de touristes embringuée dans une affaire d’espionnage qui la dépasse est très symptomatique du genre de suspense qu’aimait le bel et facétieux Alfred ! Comme dans «La mort aux trousses» et quelques autres, un innocent commence par subir et, pour sauver sa peau (ou ici, celle de son fils), prend les choses en mains et dénoue l’inextricable mystère avant de renvoyer les méchants dans leur boîte à malices. «L’homme qui en savait trop» ne se raconte pas, mais se déguste… parce que le subtil Hitchcock joue avec nos nerfs, notre perspicacité et s’amuse à nous faire sursauter sur l’instant. Il joue aussi beaucoup avec l’assimilation spectateur-héros du film. Ça pourrait arriver à n’importe qui d’être pris pour un autre, de se voir confier par un mourant un secret qu’on n’a pas voulu entendre, de ne pas savoir résister à la curiosité, de voir sa tranquillité perturbée et de se retrouver en train de sauver la peau d’un important homme politique étranger… Le couple Stewart (qui est complètement intégré à l’univers hitchcockien) et Doris Day (nouvelle venue et superbe comédienne) est un régal. Comme la musique du film signée Bernard Hermann qui a une importance dramatique qu’on ne soupçonne pas ! Surtout un coup de cymbales ! Comme la chanson du film (chantée par Doris Day) qui, elle aussi, intervient comme un élément dramatique important de l’intrigue. Attention, plaisir authentique !

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oct 05

Sugarland express

Après le fantastique suspense de «Duel» et la terreur aquatique des «Dents de la mer», Steven Spielberg, promu jeune prodige du nouvel Hollywood, fut amené à mettre en scène ce thriller spectaculaire, qui s’inspire d’un fait divers authentique.Sugarland express En 1969, un jeune détenu avait réussi à s’évader, avec la complicité de sa femme, d’un pénitencier du Texas. C’était le début d’une fantastique cavale, retransmise en directe par toutes les stations de radio et de télévision… Spielberg a confié à Goldie Hawn le rôle de Lou Jean, la jeune femme qui déclenche l’affaire et la mène jusqu’à bout à un train d’enfer, au nez et à la barbe de la police qui ne peut intervenir (un officier a été pris en otage par le couple fugitif), mais qui suit à distance respectueuse. Le spectacle de cette longue caravane de voitures de police bardées de sirènes et de clignotants est un magnifique symbole de l’absurdité et de la démesure qui peuvent régner aux États-Unis, dans le style «un marteau pilon pour écraser une mouche»… Chez nous, «Sugarland express» ne fut pas un succès phénoménal ; le nom désormais glorieux de Spielberg devrait aujourd’hui permettre de réparer cette injustice.

La nuit des jugesLa nuit des juges

Chaque film de Peter Hyams est d’abord un plaisir de l’image. «Outland», «Capricorn one», «2010», «Guerre et passion», etc. Chacun de ses films a une atmosphère et une couleur. Hyams aime jouer avec les sensations et les émotions de son public. Sa «Nuit des juges» met en garde contre les «vigilants», ceux qui veulent faire justice eux-mêmes… mais le film s’assume avant tout comme un spectacle. Une sorte de roller-coaster à suspense qui vous envoie des lumières irisées en plein dans la rétine ou vous plonge dans des couloirs étroits et labyrinthiques. Un juge de la cour suprême de Los Angeles commence à être exaspéré de voir des criminels évidents remis en liberté pour une ‘question de vice de forme dans la procédure. Au début du film, le message est clair : à trop vouloir protéger la liberté individuelle, on finit par mettre en danger la sécurité publique. Le jeune juge (interprété par un Michael Douglas qui a la même mâchoire déterminée et le même regard douloureusement exaspéré que sa star de père) finit par craquer. Un de ses pairs, un autre juge qu’il respecte et admire, lui propose de participer à une autre chambre de justice, une société secrète constituée de douze magistrats réputés et respectés qui ont décidé de pallier aux manques de la justice par… l’auto justice ! Au début, tout est beau. Le côté cérémonieux de l’entreprise le rassure. Mais très vite, le petit juge s’aperçoit que ce tribunal, aux méthodes expéditives, risque autant l’erreur judiciaire que le tribunal officiel. Et les exécutions rapides ne permettent pas de réparer l’erreur. Sa crise de conscience et sa volonté de sauver les futurs condamnés de ce tribunal d’exception mettent sa vie en danger… Peter Hyams a réussi un thriller aussi passionnant qu’intelligent. Et un plaidoyer pour la tolérance… ce n’est pas si courant, de nos jours, dans le cinéma américain !

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sept 21

En plein cauchemar

En plein cauchemarOn avait perdu l’habitude du film à sketches dans le cinéma fantastique. Elle revient avec la version cinématographique de «La quatrième dimension» et l’hommage de George Romero aux E.C. comics «Creepshow» Dans la foulée, voici «Nightmares». Quatre historiettes aussi réjouissantes que terrifiques. La première est aussi la meilleure et la plus efficace de la série : un maniaque échappé d’un hôpital psychiatrique fait régner la «Terreur à Topanga», et c’est le moment que choisit l’imprudente Lisa, en manque de nicotine, pour quitter le toit familial afin d’aller acheter des cigarettes. De quoi vous dégoûter du tabac à tout jamais ! Le second sketch a pour héros un jeu vidéo pas comme les autres : il s’agit d’affronter et de vaincre «L’évêque des batailles». Personne n’y est jamais parvenu, et heureusement, car ce jeu mystérieux cache un secret épouvantable ! Troisième étape de la descente aux enfers : un prêtre quitte sa paroisse, et il est pris en chasse par une grosse voiture noire sans conducteur ; ça ressemblé un peu trop à «Duel», et la fin nous laisse sur notre faim… Terminus avec «La nuit du rat», où une famille est poursuivie par un gigantesque rongeur : une histoire de grosse bête pas très originale. En fin de compte, l’ensemble est bizarrement construit : un crescendo aurait été plus approprié…

Le vendredi rouge

Harold Shand (Bob Hoskins) est un caïd de la Mafia… londonienne. Il veut monter un coup immobilier et, pour cela, en appelle à la traditionnelle Mafia américaine. Au moment où l’affaire est pratiquement au point, une série de catastrophes s’abat sur lui, dans un décor de violence portée au paroxysme meurtres, attentats, trahisons ; son empire s’écroule alors qu’un ennemi invisible s’acharne sur lui. «Le vendredi rouge» est un film d’action bien mené, construit autour d’un phénomène rarement évoqué : la Mafia british qui garde sa spécificité et ses bonnes manières en toutes circonstances. A noter la participation d’Eddie Constantine dans le rôle de Charlie, un Eddie Constantine comme un poisson dans les eaux troubles dès qu’il s’agit de jouer les tueurs de la Mafia fusse-t-elle britannique, américaine, française ou mexicaine !

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sept 12

Les seigneurs de la route

«Death race 2000» est sorti une première fois en salles sous le titre «La course à la mort en l’an 2000» puis, quelques années plus tard, le film est ressorti sous le titre Les seigneurs de la route«Les seigneurs de la route». Entre temps, Sylvester Stallone était devenu une star avec la série des «Rocky» et «Rambo». Bien qu’ayant un rôle important, il est encore très jeunot dans le film ! Il est un des pilotes de cette course très spéciale qui se situe au 21e siècle. Une sorte de «Cannonball» futuriste et sanglant. Les pilotes doivent traverser de part en part le continent américain. Tous les coups sont permis, y compris L’élimination totale et explosive de l’adversaire. On peut aussi se faire quelques points en plus en écrasant les spectateurs et badauds qui ne se garent pas assez vite. La course est diffusée par la télévision à des milliers de gens pour les consoler d’une longue période de guerre et de disette. Les jeux du cirque moderne, quoi ! Le producteur du film, le maître de la série Z d’épouvante, Roger Corman, voulait un film bien violent et très sérieux. Paul Bartel, le réalisateur, a choisi de temporiser la chose par un humour macabre et cruel très réjouissant. Du style : dans un hôpital, médecins et infirmières installent sur la route tout ce dont ils disposent comme vieillards et impotents, mais le concurrent de la course préfère faire un détour pour «cueillir» le corps médical au grand complet et se faire un bonus de points beaucoup plus important. L’autre intérêt, ce sont les voitures décorées de manière assez délirante avec pals, pics, pointes, lames, etc. Comme leur pilote et copilote, elles sont déguisées sur un thème : Frankenstein, le mafioso, la teutonne, etc. Il y a peu de véhicules. On sent les machines un peu asthmatiques. Mais le délire satirique, la méchanceté revigorante et le rire sadique sont au rendez-vous. David Carradine (le feuilleton «Kung fu») fait ce qu’il peut. Il n’a jamais été du genre très expansif. Mais dans le rôle du champion nommé Frankenstein, froid, masqué et tout couturé… il est parfait. En 1975, c’était lui le plus connu. Et c’est lui la vedette du film.

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août 30

Experiment 2000

Le titre original du film est «The crazies» et il est discrètement sorti en salles sous le titre particulièrement stupide de «La nuit des fous vivants»… Eh oui ! Quelques années plus tôt, George A. Romero s’était révélé au monde avec un petit film d’épouvante en noir et blanc, filmé comme du reportage TV 16 mm, mais terrifiant jusqu’au traumatisme : la fameuse «Nuit des morts vivants». Deux comédies (sans aucun succès et inédites en France) plus tard, Romero s’est dit que le filon de l’épouvante n’était, peut-être, pas si honteux que ça et ce fut «Experiment 2000»Experiment 2000. Mais le réalisateur n’a pas voulu refaire dans le mort vivant. Le remake (ou la suite), ce sera pour plus tard avec le très étonnant «Zombie». Là, Romero a imaginé que le gouvernement américain se lançait dans la recherche d’armes bactériologiques et jouait à l’apprenti-sorcier avec les virus. Accidentellement, il laisse échapper quelques-unes de ces charmantes petites bêtes qui contaminent les paisibles habitants d’une toute aussi pacifique région américaine. Les braves gens commencent par devenir«crazy» (… fou) et assassinent leurs proches avant de mourir. C’est l’état d’urgence. Des soldats en combinaison étanche et masque à gaz débarquent, lance-flamme et mitraillette aux côtés. Veulent-ils guérir ? Ils cherchent au moins à limiter les dégâts. Mais les «crazies» n’ont pas l’intention de se laisser faire. Et la plus paisible grand-mère en train de faire du tricot peut devenir, en une fraction de seconde la plus sanglante des meurtrières ! De plus il est très difficile d’imposer l’état de siège à une population dont chaque individu est armé… et n’a pas spécialement besoin d’être contaminé par un virus qui rend fou pour tirer sur tout ce qui bouge de travers. Les causes du désastre intéressent beaucoup moins Romero que ses conséquences. Et la peinture de la sanglante panique a de quoi terrifier. Moins immédiatement efficace que «La nuit des morts vivants», «Experiment 2000» apporte un plus grand frisson, parce que son sujet a de fortes chances de devenir, dans un proche avenir… du drame réaliste !

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août 10

Cujo

CujoEncore un roman de Stephen King adapté au cinéma ! Le monsieur (auteur de «Carry», «Shining», «Dead zone» et quelques autres) a un style très descriptif, très facile à transposer en images. Mais, alors que son roman, «Cujo», se termine assez mal, le film de Lewis Teague, «Cujo», préfère le happing ending… Cujo est un chien, un brave saint-bernard qui, lors d’une chasse au lapin, passe la tête dans un terrier et se fait mordre le nez par une chauve-souris. On le suppose enragé. En tout cas, il commence à se putréfier sur place et à tuer tout ce qui bouge. C’est le moment et le lieu que choisit une bien asthmatique voiture pour tomber en panne. Cujo menace et, à l’intérieur, une femme et son enfant sont prisonniers. Toute tentative de sortie est sanctionnée par une violente attaque du molosse assassin. Il fait chaud et le gamin se déshydrate… Pour sauver son enfant, la mère va tenter plusieurs sorties. Car, s’il lui arrive tant de malheurs… c’est, sans doute, parce que la vilaine a trompé son mari. Le bon dieu l’a punie ! Côté moralisateur, «Cujo» est donc un peu pénible. Côté Spa, c’est franchement révoltant parce que le spectacle de cet animal «enragé» devenant un monstre qui suscite la haine et le désir de le liquider au plus vite, arrive mal. Au moment où le spectre de la rage pousse certains individus à tuer d’abord et à vérifier ensuite. En France il y a quelques exemples d’excès encore particulièrement douloureux dans l’actualité. Et, sur ce plan, «Cujo» sent mauvais l’incitation à l’hécatombe canine. Mais certains diront que ce n’est que du cinéma. Lewis Teague sait ménager ses effets. Son thriller est superbement efficace. Si on est assez sage pour ne voir là que du spectacle… pourquoi ne pas frissonner devant les méfaits d’un Cujo qui serait l’équivalent terrestre du requin des «Dents de la mer» ?

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juil 31

Trash

Typique underground des années 70, «Trash», littéralement «poubelle», est à prendre d’une part au pied de la lettre, d’autre part comme un film expérimental. S’il y avait vraiment une histoire, ce serait celle de Joe (Joe Dalessandro), un paumé junkie au visage d’ange déchu de la planète poubelle. Sollicité par des femmes qu’il n’arrive pas à satisfaire, et qui pourtant sont prêtes à toutes les perversions pour l’aider, l’antihéros de «Trash» porte en lui un désespoir qui n’arrive jamais à émerger, constamment refoulé à force de piqûres d’héroïne.Trash Pas vraiment d’histoire, pas de début ni de milieu, encore moins de fin. Seulement quelques fragments épars de la vie d’un paumé, jetés plan après plan, baignant dans un climat sordide, s’attardant sur les gros plans de seringue et d’aiguilles plantées dans des avant-bras décharnés… Quant aux jeunes femmes que Joe n’arrive pas à satisfaire, elles se situeraient à mi-chemin entre Fellini et Romero. Sexe triste et drogues dures, c’est pas le rêve dans la planète Trash d’Andy Warhol.

Besoin d'amourBesoin d’amour

Ned (Gene Hackman) vient de perdre sa femme Lilly. Au moment d’annoncer la nouvelle à ses deux fils, il est surpris de voir que le plus âgé, Andrew, onze ans (Henry Thomas) a déjà tout compris et qu’il ne semble guère affecté. En réalité, c’est une réaction de pudeur, mais Ned ne comprend pas Andrew et pense qu’il doit surtout s’occuper du cadet, Miles, dont la santé est fragile. Andrew, souvent laissé à lui-même ou, à. la garde de la gouvernante Mrs. Paley, avec laquelle il s’entend mal, est victime d’une véritable incompréhension. Son père est surmené par ses affaires : il doit s’occuper de l’entreprise de transports que sa famille a fondée en Tunisie, où il vit avec les enfants. Bientôt, la gouvernante excédée s’en va et elle est remplacée par l’assistante de Ned, Kate (Maureen Kervin). Un jour, pour faire plaisir à son père, Andrew quitte la maison pour aller lui acheter un cadeau, entraînant Miles avec lui. Tout le monde croit qu’il a fait une fugue et le malentendu s’aggrave… Ce film de Jerry Schatzberg est une production de Tarak Ben Ammar : décor tunisien pour un mélo qui sent le déjà-vu, pour la bonne raison qu’il est adapté du même roman que «L’incompris» de Comencini. La confrontation de Gene Hackman et de Henry Thomas (Elliott dans «E.T.») n’a rien de palpitant.

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juin 07

La confrérie de la rose

Devant ce film — pardon, ce téléfilm —, on se souvient d’entreprises comme « La mémoire dans la peau » avec Richard Chamberlain. C’est bien fait, ça canarde, on frissonne pour le héros, mais ça ne fait pas dans la subtilité.
La confrérie de la rose Là, le vieux renard Marvin J. Chomsky (« Raid sur Entebbé » ou la série «Holocauste ») construit son film sur Peter Strauss et Robert Mitchum, père et fils devenus ennemis mortels. Sous le nom de Romulus, Strauss est agent de la CIA depuis que Mitchum l’a sorti de l’orphelinat et adopté pour en faire une machine à tuer au service du gouvernement américain. Aujourd’hui, ce « père » s’est servi de son « fils » pour éliminer un gêneur et veut effacer toute trace. Sur ce prétexte simple, et somme toute artificiel, Chomsky construit un jeu d’espions, où les cadavres pleuvent, qui mène ses protagonistes dans les principaux coins du monde et qui n’évite jamais vraiment le manichéisme. On sait tout de suite où sont les bons et les méchants, les braves bougres et les pervers. Peter Strauss, très fier de sa musculature harmonieusement étudiée, joue les fauves traqués avec maestria, et Mitchum ronronne en gros minet méphistophélique. Pendant plus de deux heures, on est pris par ce film d’action sans temps mort. Mais en sortant, il ne reste pas grand chose. Pour le plaisir de frissonner.

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mai 24

Le jeu du tueur

Au premier abord, le film ne paraît pas très subtil et même exaspère par son côté assez manichéen. Un garçon de quinze ans, vivant dans un coin perdu de l’Arizona, est le souffre-douleur de tout le monde. Sa mère est partie, son père boit et le bat, ses camarades de classe le passent à tabac, ses professeurs ne comprennent pas sa révolte. Puis, un beau jour, à la suite du déraillement d’un train militaire, le gamin se trouve en possession d’une arme absolue un rayon de mort qui détruit un être humain en une fraction de seconde.

Le jeu du tueur

Le gosse humilié, et qui s’est réfugié dans le fantasme (il croit qu’il vient d’une autre planète et a échoué sur Terre), se sent tout à coup très fort et fait payer à ses oppresseurs leur méchanceté.» Le jeu du tueur » pouvait tomber dans une sorte de Rambo vengeur, mais Michael Miner s’applique à nous montrer le coup de folie puis les incertitudes d’un gosse dépassé par les événements et plongeant tête en avant vers le drame. «Le jeu du tueur », tout en restant un film spectaculaire et à l’impact émotionnel évident, se veut l’anatomie de la folie de la puissance. Cette déraison qui peut saisir n’importe quel individu, apparemment équilibré, lorsqu’il possède soudain le pouvoir de dominer voire d’écraser les autres.

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mai 14

L’arme au poing

L'arme au poingUn flic reçoit un appel désespéré de son jeune frère. Il a accepté de voler un métal radioactif pour un gros trafiquant d’armes, qui a décidé d’éliminer ce témoin gênant. Quand Braxton, le flic, débarque, son frère a déjà été exécuté, et il est bien décidé à le venger. L’histoire est classique et ça canarde sec, avec ce qu’il faut de morts, rebondissant au ralenti sous le choc des balles, de courses poursuites automobiles avec mitraillages et de bagarres. Braxton et ses ennemis jurés utilisent toutes les armes, du bazooka à la capote anglaise devenue un lance-pierre improvisé ! Car il y a autant d’humour que de sexe et de violence dans ce thriller particulièrement nerveux. Sam Jones, le blond « Flash Gordon » qui a retrouvé sa teinte de cheveux bruns depuis quelques années, est Braxton. Belle gueule, musculature imposante (il montre même ses fesses dans une scène de douche), mais pas très subtil dans son jeu, Sam Jones remplit parfaitement son rôle. L’acteur est physique. D’ailleurs, on ne lui demande que ça. L’avocate noire, avec laquelle il vit une love story, est là pour apporter la touche d’humour et de sophistication.

L’année du chat

Ce film allemand a obtenu le Grand prix du Festival policier de Cognac. Et c’était très mérité. Car « L’année du Chat » est un thriller plein de rebondissements, de suspense et de tensions dramatiques. On aurait envie de dire que ce film est un vrai thriller policier à l’américaine, si ce n’était pas péjoratif pour ce cinéaste allemand de talent nommé Dominik Graf (qui a réalisé notamment « Double vue », également montré au Festival de Cognac). Le sujet de « L’année du Chat » est simple. Deux hommes masqués détiennent des otages dans la banque qu’ils sont en train de braquer. Mais tout cela fait partie d’un gigantesque plan échafaudé par la femme du directeur de la banque et son amant, alias le Chat, qui, d’un hôtel voisin et par talkie-walkie, dirige les opérations muni d’un fusil à lunettes. Mais, selon une habitude bien établie au cinéma, les plans les mieux échafaudés ne se déroulent jamais comme prévu. « L’année du Chat » est un pur film d’action. Mais la plus belle brune aux yeux bleus, Gundrun Land grèbe, donne au film sa touche érotique avec deux scènes d’amour très chaudes.

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