jan 23

Deauville, samedi 25 mai, 11 h.

Les quarante participants inscrits à ce premier Rallye Deauville-Paris se préparent à prendre le départ. Presque tous les ULM sont regroupés sur la portion de plage qui borde, à la sortie du port, le chenal séparant Deauville de Trouville. Chaque concurrent vérifie le bon état de sa machine, ou finit de la monter. Des ULM, il y en a de toutes sortes et de toutes formes. De la plus simple des ailes delta, propulsée par un minuscule moteur, à l’engin sophistiqué qui, ne serait-ce son poids, ressemble davantage à un véritable avion qu’à l’image qu’on se fait d’un ULM. Tous ces aéronefs (c’est le terme) sont équipés de flotteurs devant leur permettre (ce ne fut pas le cas pour tous) de décoller et de se poser comme de véritables hydravions. Flotteurs exigés par les organisateurs puisque le but de ce rallye était de reconstituer la première course Deauville-. Paris en hydravion, qui eut lieu en 1913, sous le, nom de Trophée Henri, Fabre. Un véritable régal pour nous que ces préparatifs. Tous ces engins posés sur la plage ayant en commun des couleurs magnifiquesDeauville. Nous en profitons, en attendant l’heure du départ fixée à 12 h, pour sortir les appareils photo et la Vidéo 8, que nous commençons à tester sur le terrain. Nous mitraillons sans discontinuer le spectacle qui nous est offert, jusqu’au signal de départ. Peu de temps avant qu’il soit donné, les deux reporters de OTH engagés dans cette épreuve, Didier Fretel et Nicolas Georgieff, rejoignent leur pilote et ULM respectif, dans lequel chacun aura pour mission de réaliser toutes les prises de vues, photo et vidéo, en vol. Et d’assumer le rôle de copilote qu’on leur a, de surcroît, attribué. 12 h. Le signal est donné. De nombreux concurrents n’étant pas tout à fait (ou pas du tout) prêts, une certaine confusion règne sur la plage. Un premier ULM tente de s’élever et de prendre la direction de la mer. Mais surpris par un méchant coup de vent de travers, il se crashe dans le chenal. Le deuxième connaîtra à peu près le même sort. Et bien d’autres par la suite. A la grande satisfaction du public venu assister nombreux au départ. Pas à la nôtre, en tout cas, et encore moins à celle de nos deux reporters volants qui commencent à se demander ce qu’ils sont venus faire dans cette galère. Finalement, malgré cette ambiance de catastrophe, tout se passera bien et aucun pilote ou copilote ne périra noyé. Partis dans les derniers, nos deux talentueux pilotes, Didier Michelet et Jean Cosnard, réussiront un décollage parfait avec leur Maestro.

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jan 02

Persan-Beaumont, aéroclub Goito, vendredi 24 mai, 14 h.

Pas un nuage. Le temps est magnifique et laisse augurer un superbe week-end de Pentecôte Tant mieux. Car pour réaliser le reportage que nous avons projeté, celui d’associer avec la Vidéo 8, la vidéo ultralégère et l’aviation ultralégère, plus nous aurons, de soleil et meilleures seront, en principe, nos images. Mais si, maintenant, nous connaissons à peu près tout sur la petite dernière des usines Sony, nos connaissances en matière d’ULM sont pratiquement nulles. Et comme le départ du rallyedans lequel nous nous sommes engagés comme, sponsors, reporters et concurrents est pour demain, nous avons jugé bon de venir faire connaissance avec ces fameux ULM qui, durant deux jours, seront nos partenaires. Disons tout de suite que cette rencontre ne suscite pas un enthousiasme débordant de notre part. Tant ces étranges machines, à l’aspect mi-kart mi-avion nous semblent d’une extrême fragilité. Nous allons même jusqu’à douter de leurs réelles capacités, ce sont des biplaces, de s’envoler avec une seule personne à bord. Le poids de notre matériel photo et de la Vidéo 8 nous semble à présent énorme.Et nous nous demandons si ces graciles engins pourront, en plus de celui de deux des nôtres, le supporter. Les paroles rassurantes du pilote et la petit balade que, l’un après l’autre, il nous fait faire autour du terrain, nous rendent un peu plus optimistes. Rendez-vous est donc pris pour le soir même à Deauville. Où nous nous rendrons en voiture un peu plus tard. Déclinant l’offre aimablement faite, de profiter d’un siège vacant pour effectuer le trajet Persan-Beaumont-Deauville par la voie des airs.

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déc 27

La fille en rouge

La fille en rougeKelly Le Brock.L’an dernier à pareille époque, une quantité non négligeable de médias américains s’étaient soudainement mis à l’heure de la pulpeuse Kelly Le Brock. Branchait-on sa télé du matin que l’on tombait sur la Miss gazouillant dans «Good morning America». Jetait-on un regard distrait sur une quelconque revue de charme que l’on retrouvait le visage de mademoiselle accommodé à toutes les sauces (Kelly fait de l’aérobic, Kelly aime les corn-flakes, i’ en passe et des meilleurs…). La raison de ce battage tenait en un titre de film, «La fille en rouge», le remake inspiré — voire copié — du film d’Yves Robert «Un éléphant, ça trompe énormément». Toujours l’an dernier, mais en septembre, Kelly daigne traverser l’Atlantique pour présenter son film au Festival de Deauville. Chaperonnée par son boy-friend Victor Drai, un ex-agent immobilier français devenu producteur, la belle déclame son chapelet habituel (Oui, elle est d’origine anglaise ; oui, elle était top-modèle avant de faire ses débuts à l’écran). Depuis, nul n’ose s’avancer avec certitude sur les projets de Kelly-la-grâce. Alors Le Brock rimerait-il avec toc ? Pas le moins du monde, répliquent certains. On ne demande qu’à les croire. Et à la revoir.

Rendez-vousRendez-vous

Juliette Binoche. Juliette par-ci, Binoche par-là, il n’y en avait que pour elle lors du dernier Festival de Cannes. Pendant un moment, la surenchère d’articles et de reportages aidant, on a pu se croire transporté un an auparavant, lorsque le «syndrome Kaprisky» s’abattait sur la Croisette avec son cortège de larmes, d’exaltation et de nervosités entremêlées. Mais, toute «femme publique» qu’elle soit devenue, Juliette Binoche n’a pas abandonné son naturel enjoué pour autant. Ses vingt ans mutins ne semblent pas pressés de se glisser dans un quelconque habit de lumière où elle se sentirait à l’étroit. D’ailleurs, les paillettes et tout le tralala qui va avec, ce n’est pas tellement son genre. A l’appel des sirènes et des films faciles, elle préfère débuter avec Godard («Je vous salue Marie») ou Doillon («La vie de famille»). Pour le moment, Juliette apprend à humer le doux parfum du succès qui l’enveloppe depuis la sortie du fameux «Rendez-vous» d’André Téchiné. Touchante comme il n’est pas permis, elle y incarne Nina, une jeune provinciale montée à Paris pour faire du théâtre. Et vivre sa vie, ce qui se révèle encore plus difficile. Comment, après cette performance, ne pas adhérer au cinoche de Binoche ?

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déc 05

Witness

WitnessKELLY McGillis. Ouf, ça y est : Harrison Ford a enfin une partenaire normale en la personne de Kelly McGillis dans «Witness» de Peter Weir. Il faut dire que jusqu’ici, le pauvre ne savait plus où donner de la tête, partagé entre les princesses futuristico-robotisées de «La guerre des étoiles» et autres «Bladerunner», et les mijaurées piaillantes chères à Indiana Jones et son arche perdue. Les nombreux spectateurs de «Witness» ont, pour leur part, définitivement adopté ladite Kelly transformée, pour les besoins de l’intrigue, en membre de la communauté religieuse Amish dont le petit garçon est le témoin d’un crime. Elle a beau traverser le film coiffée d’un bonnet blanc à tendance néo-Bécassine, elle n’en fascine pas moins Harrison F. alias un flic traqué qui se réfugie chez elle. Hors écran et débarrassée de ses pittoresques oripeaux de mère Mac(a)mish, Kelly McGillis se révèle d’un tempérament passionné, plus proche de sa composition dans «Reuben, reuben» face à Tom Conti en 1981 que du personnage qu’elle incarne dans le film de Peter Weir. Mais la vraie passion de Kelly, du moins la seule qu’elle affiche volontiers, demeure le théâtre où elle effectue de fréquents retours aux sources.

Insignificance

InsignificanceTheresa Russell. Une actrice américaine blond platine tourne une scène où, debout sur une grille de métro, elle voit sa jupe blanche prendre l’air. Marilyn, vous avez dit Marilyn ? Vous n’y êtes pas tout à fait, nom d’un poupoupidou ! Il s’agit de Theresa Russell qui, dans «Insignificance» de Nicholas Roeg, se charge de nous évoquer la célèbre star US. Mais, même affublée de la perruque, de la robe et des mimiques de Marilyn, Theresa Russell —vingt-huit ans — parvient à rester elle-même dans ce film où elle est dirigée pour la troisième fois par Roeg, son réalisateur fétiche. C’est lui qui lui avait donné sa première grande chance en lui confiant, en 1979, le rôle principal de «Enquête sur une passion», un polar esthético-métaphysique. Mais c’est en 1985 que Theresa confirme les espoirs placés en elle puisqu’elle est la vedette de «Euréka» de Roeg (enclore !) avec Gene Hackman, du remake du «Fil du rasoir» face à Bill Murray, et enfin de «Insignificance», toujours sous la houlette de Roeg. Soucieuse de n’incarner que des personnages qui lui plaisent moralement (Ah, les impératifs de la vocation !), Theresa se consacre aujourd’hui aux joies de la maternité. Le futur papa ? Nicholas Roeg, of course !

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nov 19

Le déserteur

Le déserteurLe capitaine Caleb, de retour de mission, trouve sa femme si horriblement mutilée par les Apaches qu’il est contraint de l’achever. Il la venge, accuse de négligence la garnison locale, blesse un major, et déserte. Quelques années plus tard, le général Miles arrive de Washington, chargé d’empêcher une invasion apache imminente. Seul Caleb est capable de l’aider dans cette tâche. Amnistié sur l’intervention de Miles, celui-ci accepte. Il reçoit carte blanche de l’armée pour former un commando d’une vingtaine d’hommes. Entraînés intensivement, ceux-ci partent, par une nuit de pleine lune, pour tenter de capturer le chef des Apaches. Ils vont affronter mille périls pour remplir leur mission sous les ordres d’un Caleb galvanisé par sa soif de vengeance. Le thème classique du héros solitaire, forte-tête et rebelle à l’autorité, est traité par Burt Kennedy au fil d’un western solidement réalisé, respectant la grande tradition du genre.

L'homme de la plaineL’homme de la plaine

Le capitaine Will Lockhart(James Stewart) débarque avec ses grosses santiags dans la petite localité de Coronado. Il poursuit, sans le connaître, un trafiquant qui vend des armes aux Apaches et qui a causé la mort de son frère. C’est dans cette petite ville que Will Lockhart va trouver l’amour… et la haine. C’est là aussi qu’il va déjouer nombre pièges et complots en se heurtant aux propriétaires terriens de la région. «L’homme de la plaine», d’Anthony Mann, fait partie de ces westerns classiques des années cinquante. Un western hard les rapports humains sont durs, les hommes cruels et les régions sauvages. Un brut western de pionniers qui ne laisse de la place aux sentiments que lorsque ça en vaut vraiment la peine. Sauvage !

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nov 07

Killer adios

Coproduction italo-espagnole, ce western-spaghetti s’inscrit dans le raz-de-marée de la fin des années 60. Du vrai western de série avec une obscure histoire de vengeance qui parle beaucoup et se ponctue seulement de quelques scènes de meurtres ou de duels au pistolet… bien timides !Killer adios «Killer adios» , c’est le justicier dans la ville… Un jeune mec reçoit une étoile de shérif et vient réparer, dans le sang, les injustices qui lui ont été faites en démasquant les coupables d’un carnage et en luttant contre la corruption. Tous les clichés sont au rendez-vous : saloon, traîtres, grande rue avec population timorée, jeune héroïne sexy, etc. Et, au milieu de tout cela, se promène Une «tarte molle» blonde aux yeux bleus qui ne sourit jamais, ne desserre jamais les dents, ôte rarement son chapeau (mais c’est pour préserver l’effet final !) et a une drôle de façon de tuer légalement et froidement les gens avant de leur avoir laissé le temps de s’expliquer. Ce blondinet, raide comme l’auto justice, c’est Peter Lee Lawrence qui traîna sa mine de gros bébé boudeur nourri au pop corn dans un certain nombre de séries Z italiennes drames historiques, aventures exotiques, nombreux westerns-spaghetti et même un ou deux péplums. Le réalisateur du film, Primo Zeglio, a travaillé dans le même domaine avec plus ou moins de bonheur. Grand spécialiste du combat de pirates ou de l’orgie antique, on lui doit des films aussi inoubliables que «Néron, tyran de Rome», «La vengeance du corsaire» ou «Sémiramis, déesse de l’Orient». C’est tout un «cinoche» populaire et naïf que nous offrent Primo Zeglio et Peter Lee Lawrence. Du moment qu’on y apporte son « second degré » ou sa nostalgie… ça ne manque pas de goût !

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oct 18

Dollars

DollarsCombien avons-nous vu au cinéma d’histoires de hold-up ? Mieux vaut renoncer à compter. Le principe du genre : faire toujours mieux, toujours plus extraordinaire dans l’exploit. Dans cette série à rebondissements et à sensations, Richard Brooks a marqué une date mémorable avec «Dollars». Dans le même film, il réussit à réunir : le plus sophistiqué des systèmes de sécurité, le plus astucieux des cambriolages, le suspense le plus fou et la plus dangereuse des tentatives de revanche des cambriolés… Le décor : une banque de Hambourg (dont le directeur est le rubicond Gert Froebe). Joe Collins, expert yankee, vient d’y installer un système défensif inviolable. Sauf, évidemment, par lui-même, le seul qui connaisse la faille de son appareillage électronique. Il ne lui reste qu’à choisir ses victimes : habilement, il jette son dévolu sur les coffres privés de trois lascars qui ne pourront jamais se plaindre d’avoir été volés, parce qu’ils sont eux-mêmes des escrocs de première. Le coup réussit magnifiquement, et… la poursuite commence, car nos trois aigrefins dépouillés s’unissent pour récupérer leur magot respectif. Une bonne manière de renouveler un thème connu, avec la complicité de Warren Beatty (le gentleman voleur), Goldie Hawn (sa pétulante complice), Gert Froebe (le savoureux banquier). Un fameux divertissement.

L’homme qui en savait trop

L'homme qui en savait tropLe sujet tient à cœur à Maître Hitch… puisqu’il en réalisa une première version, en noir et blanc, en 1934 et en Angleterre. Là, on est en 1956, aux États-Unis et en couleur. «L’homme qui en savait trop» fait partie de ces invisibles de Universal que l’on ne pouvait entrevoir qu’à la Cinémathèque française — par droit spécial — et qui sont ressortis sur les écrans l’an passé. Cette complexe histoire d’une brave famille de touristes embringuée dans une affaire d’espionnage qui la dépasse est très symptomatique du genre de suspense qu’aimait le bel et facétieux Alfred ! Comme dans «La mort aux trousses» et quelques autres, un innocent commence par subir et, pour sauver sa peau (ou ici, celle de son fils), prend les choses en mains et dénoue l’inextricable mystère avant de renvoyer les méchants dans leur boîte à malices. «L’homme qui en savait trop» ne se raconte pas, mais se déguste… parce que le subtil Hitchcock joue avec nos nerfs, notre perspicacité et s’amuse à nous faire sursauter sur l’instant. Il joue aussi beaucoup avec l’assimilation spectateur-héros du film. Ça pourrait arriver à n’importe qui d’être pris pour un autre, de se voir confier par un mourant un secret qu’on n’a pas voulu entendre, de ne pas savoir résister à la curiosité, de voir sa tranquillité perturbée et de se retrouver en train de sauver la peau d’un important homme politique étranger… Le couple Stewart (qui est complètement intégré à l’univers hitchcockien) et Doris Day (nouvelle venue et superbe comédienne) est un régal. Comme la musique du film signée Bernard Hermann qui a une importance dramatique qu’on ne soupçonne pas ! Surtout un coup de cymbales ! Comme la chanson du film (chantée par Doris Day) qui, elle aussi, intervient comme un élément dramatique important de l’intrigue. Attention, plaisir authentique !

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oct 05

Sugarland express

Après le fantastique suspense de «Duel» et la terreur aquatique des «Dents de la mer», Steven Spielberg, promu jeune prodige du nouvel Hollywood, fut amené à mettre en scène ce thriller spectaculaire, qui s’inspire d’un fait divers authentique.Sugarland express En 1969, un jeune détenu avait réussi à s’évader, avec la complicité de sa femme, d’un pénitencier du Texas. C’était le début d’une fantastique cavale, retransmise en directe par toutes les stations de radio et de télévision… Spielberg a confié à Goldie Hawn le rôle de Lou Jean, la jeune femme qui déclenche l’affaire et la mène jusqu’à bout à un train d’enfer, au nez et à la barbe de la police qui ne peut intervenir (un officier a été pris en otage par le couple fugitif), mais qui suit à distance respectueuse. Le spectacle de cette longue caravane de voitures de police bardées de sirènes et de clignotants est un magnifique symbole de l’absurdité et de la démesure qui peuvent régner aux États-Unis, dans le style «un marteau pilon pour écraser une mouche»… Chez nous, «Sugarland express» ne fut pas un succès phénoménal ; le nom désormais glorieux de Spielberg devrait aujourd’hui permettre de réparer cette injustice.

La nuit des jugesLa nuit des juges

Chaque film de Peter Hyams est d’abord un plaisir de l’image. «Outland», «Capricorn one», «2010», «Guerre et passion», etc. Chacun de ses films a une atmosphère et une couleur. Hyams aime jouer avec les sensations et les émotions de son public. Sa «Nuit des juges» met en garde contre les «vigilants», ceux qui veulent faire justice eux-mêmes… mais le film s’assume avant tout comme un spectacle. Une sorte de roller-coaster à suspense qui vous envoie des lumières irisées en plein dans la rétine ou vous plonge dans des couloirs étroits et labyrinthiques. Un juge de la cour suprême de Los Angeles commence à être exaspéré de voir des criminels évidents remis en liberté pour une ‘question de vice de forme dans la procédure. Au début du film, le message est clair : à trop vouloir protéger la liberté individuelle, on finit par mettre en danger la sécurité publique. Le jeune juge (interprété par un Michael Douglas qui a la même mâchoire déterminée et le même regard douloureusement exaspéré que sa star de père) finit par craquer. Un de ses pairs, un autre juge qu’il respecte et admire, lui propose de participer à une autre chambre de justice, une société secrète constituée de douze magistrats réputés et respectés qui ont décidé de pallier aux manques de la justice par… l’auto justice ! Au début, tout est beau. Le côté cérémonieux de l’entreprise le rassure. Mais très vite, le petit juge s’aperçoit que ce tribunal, aux méthodes expéditives, risque autant l’erreur judiciaire que le tribunal officiel. Et les exécutions rapides ne permettent pas de réparer l’erreur. Sa crise de conscience et sa volonté de sauver les futurs condamnés de ce tribunal d’exception mettent sa vie en danger… Peter Hyams a réussi un thriller aussi passionnant qu’intelligent. Et un plaidoyer pour la tolérance… ce n’est pas si courant, de nos jours, dans le cinéma américain !

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sept 21

En plein cauchemar

En plein cauchemarOn avait perdu l’habitude du film à sketches dans le cinéma fantastique. Elle revient avec la version cinématographique de «La quatrième dimension» et l’hommage de George Romero aux E.C. comics «Creepshow» Dans la foulée, voici «Nightmares». Quatre historiettes aussi réjouissantes que terrifiques. La première est aussi la meilleure et la plus efficace de la série : un maniaque échappé d’un hôpital psychiatrique fait régner la «Terreur à Topanga», et c’est le moment que choisit l’imprudente Lisa, en manque de nicotine, pour quitter le toit familial afin d’aller acheter des cigarettes. De quoi vous dégoûter du tabac à tout jamais ! Le second sketch a pour héros un jeu vidéo pas comme les autres : il s’agit d’affronter et de vaincre «L’évêque des batailles». Personne n’y est jamais parvenu, et heureusement, car ce jeu mystérieux cache un secret épouvantable ! Troisième étape de la descente aux enfers : un prêtre quitte sa paroisse, et il est pris en chasse par une grosse voiture noire sans conducteur ; ça ressemblé un peu trop à «Duel», et la fin nous laisse sur notre faim… Terminus avec «La nuit du rat», où une famille est poursuivie par un gigantesque rongeur : une histoire de grosse bête pas très originale. En fin de compte, l’ensemble est bizarrement construit : un crescendo aurait été plus approprié…

Le vendredi rouge

Harold Shand (Bob Hoskins) est un caïd de la Mafia… londonienne. Il veut monter un coup immobilier et, pour cela, en appelle à la traditionnelle Mafia américaine. Au moment où l’affaire est pratiquement au point, une série de catastrophes s’abat sur lui, dans un décor de violence portée au paroxysme meurtres, attentats, trahisons ; son empire s’écroule alors qu’un ennemi invisible s’acharne sur lui. «Le vendredi rouge» est un film d’action bien mené, construit autour d’un phénomène rarement évoqué : la Mafia british qui garde sa spécificité et ses bonnes manières en toutes circonstances. A noter la participation d’Eddie Constantine dans le rôle de Charlie, un Eddie Constantine comme un poisson dans les eaux troubles dès qu’il s’agit de jouer les tueurs de la Mafia fusse-t-elle britannique, américaine, française ou mexicaine !

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sept 12

Les seigneurs de la route

«Death race 2000» est sorti une première fois en salles sous le titre «La course à la mort en l’an 2000» puis, quelques années plus tard, le film est ressorti sous le titre Les seigneurs de la route«Les seigneurs de la route». Entre temps, Sylvester Stallone était devenu une star avec la série des «Rocky» et «Rambo». Bien qu’ayant un rôle important, il est encore très jeunot dans le film ! Il est un des pilotes de cette course très spéciale qui se situe au 21e siècle. Une sorte de «Cannonball» futuriste et sanglant. Les pilotes doivent traverser de part en part le continent américain. Tous les coups sont permis, y compris L’élimination totale et explosive de l’adversaire. On peut aussi se faire quelques points en plus en écrasant les spectateurs et badauds qui ne se garent pas assez vite. La course est diffusée par la télévision à des milliers de gens pour les consoler d’une longue période de guerre et de disette. Les jeux du cirque moderne, quoi ! Le producteur du film, le maître de la série Z d’épouvante, Roger Corman, voulait un film bien violent et très sérieux. Paul Bartel, le réalisateur, a choisi de temporiser la chose par un humour macabre et cruel très réjouissant. Du style : dans un hôpital, médecins et infirmières installent sur la route tout ce dont ils disposent comme vieillards et impotents, mais le concurrent de la course préfère faire un détour pour «cueillir» le corps médical au grand complet et se faire un bonus de points beaucoup plus important. L’autre intérêt, ce sont les voitures décorées de manière assez délirante avec pals, pics, pointes, lames, etc. Comme leur pilote et copilote, elles sont déguisées sur un thème : Frankenstein, le mafioso, la teutonne, etc. Il y a peu de véhicules. On sent les machines un peu asthmatiques. Mais le délire satirique, la méchanceté revigorante et le rire sadique sont au rendez-vous. David Carradine (le feuilleton «Kung fu») fait ce qu’il peut. Il n’a jamais été du genre très expansif. Mais dans le rôle du champion nommé Frankenstein, froid, masqué et tout couturé… il est parfait. En 1975, c’était lui le plus connu. Et c’est lui la vedette du film.

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