juil 09

Livres et K7 : quand le plaisir s’appelle Joy

Joy est à la une des librairies et des vidéoclubs ! Joy, héroïne de la plus excitante collection érotique des années 80, est non seulement l’auteur du roman «Joy in love» qui vient de paraître aux Éditions Jean-Claude Lattés et du film «Joy et Joan» qui sort ces jours-ci dans les salles, elle est aussi directrice d’une collection vidéo hard parue chez Scherzo, signée Joy bien sûr et parrainée par le magazine Projextion privée. Cette collection, présentée le mois dernier dans RATB et consacrée au cinéma X ultra chic, connaît un succès sans précédent : 3 600 cassettes vendues en un mois et demi et près de 1000 appels par jour sur la ligne téléphonique 225.40.00. Un numéro où la voix suave de Marilyn Chambers invite les vidéophiles à visionner l’«Insatiable 2» le film must où elle s’adonne à tous ses fantasmes… Les deux autres titres de la collection Joy «Désirs, désirs» et «American girls» sont de la même veine. Commercialisées en pack, les trois cassettes «Joy» peuvent toutefois être vendues séparément, exclusivement pour les lecteurs de Projextion privée. Renseignements au Vidéoclub de Passy, 20, rue Singer, 75016 Paris, ou en téléphonant au 224.40.68.

Standard unique pour la haute définition

L’uniformisation des normes de télévision serait pour bientôt. C’est en effet en octobre que l’Itu (International télécommunications union) de Genève doit choisir un standard international de télévision à haute définition, sachant que l’image doit être définie par 1125 lignes (contre 525 dans l’actuel standard américain et 625 en Europe) pour obtenir une qualité comparable à celle du film 35 mm.

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juin 19

La vidéofrançaise sous séquestre

La mise sous séquestre des cassettes vidéo de sept films commercialisés avant les délais réglementaires (un an), est l’occasion pour René Château (producteur et éditeur vidéo, dont deux cassettes sont concernées, «Pinot simple flic» et «Liste noire»), de souligner une fois de plus le rôle néfaste de ces délais. Le cinéma français en est la première victime, face au cinéma américain qui bénéficie d’une réglementation souple (sorties simultanées en salles et en vidéocassettes) et qui représente 84 % du marché de la vidéo en France.

Jane Birkin par Gérard LenneJane Birkin

Vous appréciez chaque mois ses critiques de films dans notre rubrique «Sélection K7». Gérard Lenne propose ce mois-ci un ouvrage dont RATB a publié, en avant-première, quelques extraits dans le numéro de mai : «Jane Birkin». Avec son talent habituel, il a réussi, après l’avoir longuement interrogée, à découvrir le vrai visage d’une comédienne à la personnalité très complexe, mais à la popularité jamais démentie. «Jonc Birkin» par Gérard Lenne (Éditions Henri Veyrier. 198 francs) est un témoignage hyper-sincère qui nous en dit long sur l’envers du cinéma et nous fait (re)découvrir une femme attachante, angoissée, vulnérable et secrète.

Les dieux sont tombés sur Kodak

La cassette du film «Les dieux sont tombés sur la tête» fait l’objet d’une promotion unique. Kodak vidéo propose la cassette du film (qui n’est pas programmé sur les trois chaînes du service public en 1985), avec deux cassettes vierges (VHS E 180), à un prix très, très séduisant. Ce «tripack» est en effet vendu moins de 300 francs dans les grandes surfaces et dans les vidéoclubs.

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juin 03

Visitez la Silicon dollar

Après «Micro dollar», voici le deuxième roman d’Olivier Chazoule, «California dollar». Auteur de plusieurs livres sur les jeux électroniques et la micro-informatique, celui-ci nous conte la suite des aventures d’Ettore Spandolini, un personnage étrange. Il évolue dans une Silicon Valley en profonde crise où quelques-uns se régalent de l’agonie de ceux qui ont cru trop vite et trop fort à une nouvelle ruée vers l’or électronique. Aventures à rebondissements, vengeances impitoyables et histoire d’amour, ce sont les ingrédients principaux d’un roman au style très particulier. «California dollar», Collection Sunshine, Éditions du Dollar, 95 francs.

Agfa sur glace

Le groupe Agfa est désormais le sponsor officiel de la Fédération internationale de hockey sur glace. Ainsi, la marque Agfa est présente dans toutes les compétitions comptant pour les Championnats du monde. Ajoutons que, durant ces Championnats, sera remise la Coupe Agfa des meilleurs aux joueurs de chaque équipe qui auront marqué la compétition. Les équipes elles-mêmes reçoivent une dotation en pellicules et en cassettes Agfa d’un montant de 10 000 francs.

Kenwood est dans la course

Kenwood hifi et vidéo participe au Championnat du monde d’endurance moto. C’est Hervé Moineau, déjà deux fois champion du monde et qui vient de signer avec le Suzuki Racing Team, qui portera les couleurs du célèbre fabricant japonais. Bonne chance à Hervé Moineau et Kenwood, un sponsor qui connaît la musique…

Mip TV28 000 programmes présentés au Mip TV 1985

Le Mip TV s’est tenu du 20 au 25 avril dernier au Palais des festivals de Cannes. Pendant six jours, ce marché international des programmes a permis aux sociétés de télévisions du monde entier d’acheter et de vendre des émissions, des séries, des téléfilms, des dessins animés, etc. Cette année, plus de 6 000 professionnels, représentant 1535 sociétés de 115 pays différents, ont participé au Mip TV. 534 sociétés étaient présentes sur les stands et près de 28 000 programmes étaient proposés à la vente, à l’achat ou en projets de coproduction. Un des plus importants contrats signés à Cannes concerne une grande fresque historique en six épisodes de 55 minutes : «Frontière». Après six ans de négociation, 17 compagnies de 7 pays différents (Allemagne, Suisse, Hollande, France Angleterre et Canada se sont mises d’accord pour produire cette série qui devrait coûter plus de 6 millions de dollars, soit environ 6 milliards de centimes. Autant dire tout de suite que «Frontière» ne sera diffusé sur nos antennes qu’à la fin de l’année prochaine..Les professionnels présents se sont donné rendez-vous pour le prochain MipCom, du 8 au 12 octobre 1985, qui, en remplacement du Vidcom, a pour but d’accueillir toutes les sociétés intéressées par la vente ou par l’achat de programmes pour la TV, la vidéo, le câble et le satellite. Vaste programme qui tient compte de l’évolution des médias en France et dans le monde. Souhaitons que contrairement au Vidcom, tous les partenaires jouent le jeu…

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mai 21

Les Américains esclaves de leur scope ?

Américain devant TVLa vidéo est en passe de bouleverser les loisirs américains. Et l’ampleur de ce changement affecte largement l’ensemble de leurs habitudes. Le rituel du week-end américain, avec le cinéma du samedi soir, devient caduc. Plus pratique (on reste chez soi), la vidéo revient moins cher. Un magnétoscope bas de gamme vaut entre 200 et 300 dollars (2000 à 3000 francs). 17 millions de magnétoscopes sont en usage aux États-Unis, et si 8,5 millions d’appareils se sont vendus en un an, les ventes se maintiennent à un niveau de 20 000 par jour actuellement. Fin 1985, 30 % des ménages seront équipés contre 18 % actuellement. En 1984, 110 millions de cassettes vierges et 25 millions de cassettes préenregistrées se sont vendues dans les 14 000 boutiques vidéo. Plus de 300 millions de cassettes sont disponibles en vidéoclubs. La vidéo réconcilie les Américains avec les longs métrages, d’habitude hachés par les spots publicitaires, avec la vie familiale, d’ordinaire rythmée par les horaires de la TV, et avec le libre choix de leurs films, auparavant sapé par l’habitude de regarder la même chaîne. Ce boom de la vidéo profite aux Français. Le meilleur exemple est celui de Jacques-Henri Dijan qui a ouvert en plein Rockefeller Center à New York, sur 850 m2, un Ciné-club vidéo, avec 7000 titres et une formule de location souple (un contrat annuel sans caution, payable par mensualités de 43,25 $, donnant droit à cinq cassettes qu’on peut garder pendant toute la durée du contrat et renouveler tous les jours), à l’instar de celui qu’il a mis en place en France. Avec le succès de la vidéo à l’heure actuelle aux USA, gageons que la réussite est au bout du chemin pour Ciné-club vidéo. Cinq nouvelles ouvertures de vidéoclubs à New York sont déjà prévues…

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mai 07

Drôlede clip

Drôle de clip 85, c’est le premier concours de scénarios de vidéoclips d’humour. Il s’adresse à tous les cinéastes et vidéastes amateurs (âgés de plus de 18 ans et résidant en France métropolitaine) qui «rêvent d’une brillante carrière dans le monde des images». Pour y participer, il vous suffit de décrire lisiblement, et en 30 lignes maximum, votre scénario et de l’envoyer à Viséa Télévision, Drôle de clip 85, 20, boulevard Eugène-Deruelle, 69432 Lyon Cedex 3, avant le 30 juin. Viséa, qui organise ce concours, offre au lauréat le tournage de son scénario avec un budget de 300.000 francs HT, ainsi que la possibilité de promouvoir et de diffuser son clip. Bonne chance…

Sortez vos mouchoirs

Le Festival international des films romantiques se tiendra à Cabourg du 19 au 24 juin prochain. Seront remis en clôture les prix de l’actrice, de l’acteur et des metteurs en scène les plus romantiques de l’année. Le festival s’ouvre cette année au romantisme d’outre Atlantique avec «Over the Brooklyn Bridge» avec Margaux Hemingway et Elliott Gould. Un hommage est rendu à Jacques Demy et sont présentés plusieurs de ses films comme «Une chambre en ville», «Lola», «Les demoiselles de Rochefort», «Les parapluies de Cherbourg»… Pour tous renseignements, contactez Denise Chouchan et Suzel Pietri, 22, avenue de la Porte d’Asnières, 75017 Paris. Tél. : 267.91.31.

Studios de TV privées clés en main

Sélection 13, la société de conseil audiovisuel, fournit déjà depuis 1983 du matériel spécialisé pour les stations FM. La qualité technique de son matériel (Studer, Sony, Telefunken…), ses talents d’innovation, le soutien publicitaire aux RLP, notamment par l’achat d’espace dans les magazines spécialisés, sa participation aux différentes manifestations, ont largement démontré l’efficacité de son action. Aujourd’hui, Sélection 13 s’étend. Avec la création d’un département vidéo, elle propose désormais un service d’études et de réalisations de studios de TV privées (montage vidéo et montage son). En outre, Sélection 13 lance cet été Station FM, radio de renseignements pratiques concernant la capitale, et destinée aux Américains et étrangers de passage ou résidant à Paris. Sélection 13 met aussi sur les routes de France un 38 tonnes pour offrir une chaîne et un programme de TV locale privée, à titre de démonstration. Sélection 13, 15, avenue Hoche, 75008 Paris. Tél : 562.13.13.

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avr 20

Un yoyo hyper branché

Coca-cola YOYOCoca-cola lance ce mois-ci le gadget de l’année, la version moderne du yoyo. En vente chez tous les marchands de journaux, le Roll’in champion (15,50 francs) et le Super (19,50 francs) offrent des possibilités largement supérieures au yoyo traditionnel. Objet de20 000 démonstrations en France, ce véritable ovni en format de poche attirera de nombreux adeptes pour le concours de Roll’in, ouvert à tous. Les meilleures figures de yoyo seront récompensées par une semaine à Disney world, un ordinateur, une mini-chaîne et des milliers d’autres prix. Pour tous renseignements : Coca-cola France, tél : 538.52.08.

Le restaurant des stars

Depuis le 5 Avril, les passionnés du 7ème art se donnent rendez-vous dans «Les jardins d’Hollywood», un restaurant de 500m² au décor «cinématographique» à souhait. Une cuisine française et américaine, un accueil et un cadre qui font de chacun une star. «Les jardins d’Hollywood» est situé au 55 bis, boulevard du Montparnasse, 75014 Paris et est ouvert jusqu’à 1 heure du matin.

HollywoodLe géant d’Hollywood

Le 30 septembre 1955, en fin d’après-midi, James Dean est mort sur la route qui le menait à la course de Salinas. Ce même jour, il est entré dans la légende et un mythe est né. Cette année sera commémoré le trentième anniversaire de sa disparition. En ressortant sur les écrans «Géant», le dernier film de James Dean, Franck Lipsik et Jean-Jacques Vuillermin lui rendent un hommage qu’ils nous invitent à partager.

La vidéo au service du cinéma

La société américaine Essaness Théâtres vient de mettre au point un système de distribution de films en 35 mm par satellite. Pour limiter les risques de piraterie, les signaux sont codés en vidéo. Le son et l’image sont excellents, l’expérience réalisée à Chicago fin 84 l’a prouvé.

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avr 10

Chasse aux fraudeurs

magnétoscopesLa redevance sur les magnétoscopes (641 francs) instituée en 1983, continue à être un casse-tête pour les pouvoirs publics. Bien sûr, la fraude a légèrement baissé en 1984. Le taux de fraude s’élève pourtant à 60 % (928 703 personnes sur 2,2millions paient leur redevance), même si 300 000 fraudeurs ont été «récupérés» grâce aux contrôles et visites à domicile (avec le consentement de l’occupant) des 400 agents du service de la redevance. Ceux-ci sont du reste cléments, puisqu’ils font payer les arriérés, mais pas l’amende, s’élevant il est vrai au double ou au quadruple des arriérés. Cher pour les vidéophones, le cumul de la redevance TV couleur (526 francs) et de celle du magnétoscope se monte à 1167 francs. Même si elle ne fait soi-disant pas recette pour les pouvoirs publics, sa suppression, pourtant préconisée par le rapport Schwartz, n’est pas pour demain. Au secrétariat d’État à la Communication, on précise qu’aucune décision ne sera prise tant que le financement des TV privées ne sera pas réglé. En attendant, la chasse aux fraudeurs est ouverte…

Champions s’abstenir

«Premiers pas…La planche à voile» est un film vidéocassette aux objectifs multiples. Il doit admettre au débutant de découvrir la planche à voile et de «sortir»très vite par vent moyen. Il permet également au moniteur-animateur de compléter par l’image et l’animation son apprentissage. Clair, concis, proposant une méthode souple et attrayante, ce programme de 30 mn a été conçu par une équipe d’animateurs professionnels et peut donc être utilisé facilement dans différentes collectivités. Vendu 365 francs TTC, et il disponible chez Omicron’E.P.J. Elie, 15 ter, rue Roger-Salengro, 92120 Montrouge.

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mar 19

Kenwood-Sony : mariage réussi

Ce Range de rêve a donc été pour la circonstance et pour le plaisir, particulièrement soigné et bichonné. Pour commencer, il y a la platine tuner-lecteur de cassettes. On est carrément parti dans le haut de gamme en choisissant une Kenwood KRC-929-D (7000 francs environ).Kenwood-Sony Piloté par micro-processeur, cet appareil offre les mille luxes nécessaires à son utilité et à son image 24 stations préréglées, réducteur de bruit en modulation de fréquence, mise en service automatique du lecteur de cassettes en cas de mauvaise réception de la MF, deux réducteurs de bruit Dolby B et C, un système de recherche automatique de radio diffusion (ABSS), réglage séparé des graves et des aigus, commutateur «local» avec mode de recherche. La platine cassette est bien entendu «autoreverse». Toutes les commandes sont éclairées, et l’ensemble ressemble presque au tableau de bord d’un 747. Il faut d’ailleurs un peu de temps pour s’habituer aux multiples touches de fonction de cette platine. C’est quasiment le contraire pour le deuxième élément de cette chaîne. Le lecteur compact disc Sony CDX5 (7100 francs TTC) se distingue, en effet, par sa sobriété et ses performances. Il est vrai que le constructeur japonais nous avait habitués à de superbes design avec ses appareils. Et là encore, il ne faillit pas à sa réputation. Le CDX5 est de couleur bronze anodisé, ses lignes sont pures et l’espace de son tableau de bord savamment utilisé. Il offre bien sûr les fonctions essentielles qu’on attend d’un compact disc lecture rapide avant/arrière, saut d’une plage à une autre, répétition d’un morceau ou du disque entier, pause. Et introduction frontale du CD. Il est enfin étudié pour résister aux secousses du véhicule. Bref, c’est une petite merveille du genre. Le CDX5 existe dans une autre version avec un tuner. Il est un peu plus cher et s’intitule simplement CDX-R7 (8.500 francs env.). Reste enfin la partie amplification. Nous avons choisi deux amplificateurs de puissance (KAC-7200), 1700 francs l’ampli, qui dégurgitent chacun 45 watts. Autant dire que ça déménage dur et qu’il leur faut du répondant, soit à l’avant comme à l’arrière des enceintes Kenwood, respectivement des KFC 1690 et KFC 160 (870 francs la paire). Pour conforter le tout, et obtenir la meilleure «couleur» et le meilleur mixage, le dernier élément est un équaliseur Kenwood KGC 7400 (1.780 francs). Il vous permet «d’arranger» le son à votre oreille en jouant indifféremment sur les graves, les médiums ou les aigus. Pour monter une aussi brillante combinaison d’appareils, il vaut mieux faire appel à des spécialistes. Ce que nous avons fait, sur les recommandations de Kenwood-France. Bineau Auto stéréo’s, près de la Porte Champerret, a été le maître d’œuvre. C’est une équipe jeune, là encore, qui travaille vite et bien, et avec qui le dialogue est aisé. Il ne s’agit pas de bidouillage, mais d’un travail sérieux et imaginatif, à la définition excellente. Bernard, responsable des lieux, est à même de résoudre tous vos problèmes d’autoradio mais aussi d’alarme, de toit ouvrant, de téléphone voiture… et de vidéo dans l’habitacle. N’oubliez pas de vous recommander de OTH, bien sûr…

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mar 08

Over the Rover : quand Range devient Sheer

Diva urbaine et Rolls des sables, échappée d’un taxi mauve (Ah, la Rampling dans la lande irlandaise !) ou du Paris Dakar à 2 portes ou à 4, le Range Rover n’accuse pas son âge et se joue du temps qui passe. Et si il a le luxe intempérant — 17 litres aux 100 (c’est ce que Gains barreantiroulis consomme par semaine en Get 27) — c’est parce qu’il aime choisir ses partenaires plutôt que le contraire. Avec lui, l’empire d’essence, ce n’est pas du cinéma… Mais – au diable l’avarice – il y a mieux que le Range Rover, c’est le Sheer Rover. Une cure de jouvance signée Wood and Picket of London qui donne à votre reine Victoria du tout-terrain le look ravageur de Lady Di. Pour rendre votre Range complètement Sheer (et un peu plus cher) il suffit de traverser le Channel et de filer dans la banlieue londonienne jusqu’à Ruislip, direction Heathrow, siège du grand sorcier Wood and Picket. Un catalogue noir et or vous y attend en même temps qu’une tasse de thé. Il ne vous reste plus qu’à signaler à Peter J. Sullivan, votre affable interlocuteur, les options choisies pour la transformation. Car, du tableau de bord en ronce de noyer à la calandre «gueule de requin» en passant par les ailes élargies et le moteur gonflé, tout est possible. Y compris de transformer votre Range en décapotable, en véhicule de chasse ou en automitrailleuse. Question de goût – et de budget – naturellement. Restons simples et voyons déjà ce que donne un lifting à 10.000 livres. Commençons par l’extérieur : plusieurs types de calandres sont proposés dont certains avec phares à halogène incorporés. Le modèle acier noir à lignes horizontales (occultant les phares) et améliorant le cx nous paraît le plus réussi. Pour conforter l’impression d’agressivité W and P propose des élargisseurs d’ailes remarquablement carénés et bien intégrés à la carrosserie. Avec des jantes larges Wolf Race et des pneus Goodrich tubeless, le Range change délibérément de gueule. Mad Max est passé par là. Mais si le spectacle est une chose, le confort en est une autre. Et c’est par les transformations intérieures que le Range devient une limousine hyper luxe capable de rivaliser avec n’importe quelle Rolls. Quelques mots clés pour les connaisseurs : Connolly, Recaro, noyer, Cobra… Connolly c’est le meilleur cuir du monde. Wood and Picket habille votre Range de pied en cap dans la couleur de votre choix, sièges et garniture de portes compris. C’est autre chose que le skaï d’origine, et quelle défonce pour l’odorat ! Recaro, ce sont les sièges. Ceux que fabrique Renier (filiale Porsche) en forme de semi-baquets, réglables dans tous les sens, y compris électriquement. Enfin vous pourrez virer à droite sans recevoir le passager sur les genoux (ce qui est le cas avec les sièges traditionnels de British Leyland). Le noyer ? Bois noble qui habille les dernières divas d’outre-manche. Wood le bien nommé vous propose un tableau de bord entièrement reconditionné style Jaguar, avec compte-tours et cadran «economy run» incorporés. Tout ça gainé de cuir Connolly bien entendu. Et vous retrouvez le noyer en habillage des portières : élégance garantie. Il va sans dire que de somptueuses moquettes courant sous vos pieds galbent les passages de roues et la totalité du coffre arrière. Plus rien à voir avec l’habitacle d’origine. Si au caractère «vintage» vous préférez le look sport, vous pouvez opter pour un tableau de bord tout noir, type rallye agrémenté de tous les cadrans nécessaires… et superflus. L’ami Sullivan peut vous proposer des dizaines de solutions, des plus simples aux plus sophistiquées.Sheer Rover Pour finir, pour des raisons pratiques et… de sécurité, faites poser un système de verrouillage à infrarouges. Avec une simple pression sur le mini-boîtier de votre porte-clés, vous pourrez jusqu’à 5 mètres de la voiture, fermer les vitres électriques, les deux portières et mettre en circuit l’alarme Cobra qui défendra votre voiture contre les voleurs (grâce aux capteurs incorporés dans le tableau de bord). Ainsi revu et corrigé le Range Rover devient un palace roulant qui fait baver d’envie les badauds… et les propriétaires de Range normaux ! Mais au moindre pépin direz-vous, faut-il se farcir la traversée de la Manche ? Non, parce que pour ce qui est de la mécanique et de l’entretien, nous avons en France nos chirurgiens qualifiés. Si vous habitez la banlieue parisienne par exemple, notez cette excellente adresse : l’Atelier Automobile à la Garenne-Colombes. Olivier Martinaud, qui est tombé dans une marmite de Range Rover étant petit, résoud tous les problèmes liés à ce type de véhicule… et les prépare même avec amour et compétence pour les grands rallyes comme le Dakar ou les Pharaons. Il a 30 ans et met lui-même les mains dans le moteur, ce qui est une garantie. En plus, c’est un fou de musique et de vidéo, et il est même abonné à OTH !

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fév 18

Coppola

Coppola n’a pas froid aux yeux, même s’il les cache derrièred’énormesverresfumés. Toute barbe dehors, cigare aux lèvres, ce colosse de 46 ans promène nonchalamment contre vents et marées, de déboires en triomphes, son imposante carcasse de ténor italien (n’oublions pas : son père et son grand-père sont musiciens !). Lui que l’on a surnommé le «Mussolini de la baie», que l’on qualifie, à grand renfort de superlatifs, de mégalo, parano et autres doux noms, se considère tout simplement comme quelqu’un de peu ordinaire, et reconnaît : «Je n’ai appris que très récemment que je ne voyais pas les choses comme les autres gens». Un jour, il gagne des millions de dollars avec les «Parrains I» et Il ou «ApocaIyspenow». Le lendemain, il engouffre d’autres millions dans des «coups de cœur». Pour lui, «l’argent est simplement une chose dont il faut se servir». Et cela fait bientôt vingt ans qu’il le dilapide sans compter au gré de son génie ou de sa folie. Adolescent, il méprisait le cinéma (par snobisme intellectuel, avoue-t-il aujourd’hui). Il y investit à présent sa vie et sa fortune. Pourtant jusqu’à ce jour de 1960 où mourant d’envie de faire un film, il s’inscrit à l’Ucla «pour apprendre», Coppola avait d’autres passions. C’est seulement à 17 ans qu’il a la révélation. Son frère l’avait emmené voir «Octobre » d’Eisenstein. Il ne s’en est pas remis. Comme son idole, il prend alors des cours de théâtre et s’entraîne à construire ou à éclairer un décor. «Je voulais tout connaître de manière complète afin d’avoir la même formation qu’Eisenstein». Cela tombe bien, il a toujours adoré lethéâtre. A neuf ans, lorsqu’une épidémie de polio rogne les ailes de ce gamin qui s’imaginait en futur champion de base-ball, il met en scène du fond de son lit des saynètes avec marionnetteet poupées ventriloques. Apprenti sorcier en herbe, il se forge un monde étrange, seul dans son coin : «La maladie, en me coupant des autres enfants, m’a appris la solitude»… et le moyen d’en triompher. Tout lui est bon : il bricole les films familiaux, découpe et remonte les dessins animés qu’on lui a offerts. A l’aide d’un magnétophone (un des premiers en 1949), il synchronise le tout. Le résultat : de petits films qu’il montre à ses copains épatés au cours de projections payantes. A l’époque, il faisait déjà du cinéma, comme M. Jourdain faisait de la prose sans le savoir ! Quelques années plus tard, il déserte la section scientifique de son université (et son avenir de physicien nucléaire !) au profit des classes littéraires qui, à ses yeux, avaient beaucoupplus d’attrait : «Toutes les filles «bien» suivaient des études littéraires, voilà pourquoi je ne suis pas devenu un savant !»Quand, enfin, Coppola prend feu pour le cinéma, tout va très vite. Délaissant les cours — trop théoriques à son goût — de l’Ucla, il devient l’assistant, et surtout l’homme à tout faire, du producteur-réalisateur de séries B, Roger Corman. En 1963, il réalise son premier film en neuf jours («Démentia 13», sombre histoire fantastique). Puisundeuxième film, en 1966, «You are a big boy now» au titre prédestiné.Coppola C’est vrai, Coppola est devenu un grand garçon déjà remarqué par la critique. Son film, le seul d’origine américaine sélectionné pour le Festival de Cannes, y est favorablement accueilli. Fort de son succès tout neuf, on lui demande d’écrire quelques scénarios dont celui de «Paris brûle-t-il», «Reflets dans un œild’or» et de réaliser «La vallée du bonheur» (1968), une comédie musicale interprétée par Fred Astaire, maisqui ne passera pas à la postérité. Après ce travail de commande, Coppola refuse de s’engager sur la voie royale des films musicaux (à l’époque, «La mélodie du bonheur» fait un tabac). Un projet lui tient à cœur : «Les gens dela pluie». Pour tourner cette histoire d’une jeune femme errante, désertant sa famille, se livrant au jeu du hasard et des rencontres de la route, Coppola a 750 000 dollars de budget, et la Warner Bros lui donne un jeune stagiaire, George Lucas, barbu comme lui, rêvant comme lui de liberté, de films grandioses, et de se débarrasser de l’emprise des grands studios hollywoodiens. A San Francisco, le 14 novembre 1969, ils fondent tous les deux American Zoetrope (littéralement traduit du grec, cela donne «le mouvement de la vie»), une communauté de travail pour cinéastes où on trouvera, entre autres, Martin Scorcèse et John Millius (scénariste d’«Apocalypse now» et des «Gens de la pluie»). La légende Coppola prend forme. Mais le film est un échec. C’est le drame pour Zoetrope, le premier d’une longue série de déboires. Tant pis, Coppola est déjà loin. Il remporte l’Oscar du meilleur scénario pour «Patton» et accepte de tourner un projet oublié dans les tiroirs de la Paramount, une adaptation du best-seller de Mario Puzzo, «Le parrain» ! En 1973, c’est un triomphe ! Coppola a vaincutout le monde : la Mafia qui s’opposait au film, les producteurs qui lui mettaient des bâtons dans les roues, les critiques qui le dénigraient… Il peut être fier de lui. Avec «Le parrain», il gagne sept millions de dollars, sort de l’oubli une star vieillissante de 47 ans (Marion Brando) et révèle Al Pacino. En prime, sur un coup de dés, il produit «American graffiti», réalisé par son ami George Lucas. Le film lui rapporte trois millions de dollars supplémentaires. Et de dix ! Désormais Coppola a de l’argent. Riche et célèbre, il peut tout se permettre. Alors il écrit une ébauche de scénario inspiré par les écoutes téléphoniques c’est «Conversation secrète». Il trouve un comédien : Gene Hackman. En 1974, cette histoire de micros, véritables héros du film, n’enthousiasmé guère les foules. Malgré sa Palme d’or à Cannes (où peut-être à cause d’elle ?), le film de Coppola est taxé d’intellectualisme. Quelques années plus tard, les événements du Watergate lui ont pourtant donné raison : pour une fois la fiction précédait la réalité. Coppola était-il un devin ? Pour l’heure, le génie visionnaire remballe ses bobines et récidive sur la voie du succès avec le «Parrain II». Ilengage sa propre sœur, TaliaShire, ainsi qu’un débutant prometteur, Robert de Niro. Sûr de son coup, il exige un pourcentagede 15 % sur les recettes. Il n’a pas tort. Le film le renfloue de quatre millions de dollars. C’est alors que Coppola se lance dans une aventure titanesque, pleine de bruit et de fureur, qui durera quatre ans. En vedette : la guerre du Vietnam, sujet tabou dans l’Amérique des années soixante-dix ! A l’origine, il s’agi l’adaptation d’une nouvelle de Joseph Conrad,«Au cœurdes ténèbres», commandée en 1969 par Coppola au scénaristeJohn Millius et destinée à être tournée par George Lucas. Ce dernier, occupé à la production de «La guerre des étoiles», remet le projet dans les mains de Coppola. Les problèmes commencent : ils sont d’abord d’ordre financier et se résolvent relativement facilement. Coppola en a l’habitude ! «J’ai toujours des problèmes d’argent. De ce côté-là, je m’en sors toujours. C’est ce qu’il y a de plus facile». Les vrais problèmes apparaissent avec le choix des acteurs. A part Marion Brando, ils lui font tous faux bond. Le 12 mai 1976, aux Philippines, secondé par 450 techniciens et une armée de figurants, il démarre «Apocalypse now». Trois semaines plus tard, premier drame : l’acteur Harvey Keitel ne supporte pas la jungle, joue les stars capricieuses. On le renvoie à ses pénates. Martin Sheen, son successeur, engagé en cinq minutes sur l’aéroport de Los Angeles, est terrassé par une crise cardiaque et déserte le plateau pendant quatre semaines. Puis ce seront, dans le désordre, le typhon Olga qui détruit d’un coup de vent 600 000 dollars de décors, le monteur fou disparu dans la jungle avec la pellicule et qui la renvoie paquet par paquet… en cendres ! Il y aura encore les caprices de la mousson qui perturbe le tournage, le Pentagone qui refuse de fournir le matériel militaire promis, l’armée philippine qui exige des pots de vins monstrueux, la dysenterie et la malaria qui font rageauseinde l’équipe. De désastres en désastres, Coppola connaît les affres de l’inquiétude. «A certains moments, j’ai cru mourir de mon incapacité à résoudre les problèmes. Quand j’allais me coucher, à quatre heures du matin, je suais d’angoisse». De plus, Coppola est endetté jusqu’au cou, il a dépassé son budget (passant de 12à31 millionsde dollars), a investi tout ce qu’il possédait, sa maison, son vignoble de Napa Valley, ses pou recentrages sur les recettes du «Parrain», son yacht. Deux ans après le début de l’aventure, son film n’est toujours pas terminé. Coppola est un homme enchaîné. Les catastrophes lui vont bien au teint. Il a maigri de 20 kg. Sa démesure est communicative. Son chef opérateur, Vittorio Storaro, son décorateur, Dean Tavoularis, décuplent ses moindres initiatives : il veut un pendu dans un arbre ? Il en aura vingt ! Et le reste à l’avenant. Traumatisés, les rares curieux venus assister au tournage repartent écœurés.Commesontitrel’indique, le film de Coppola est apocalyptique. Les scènes les plus démentes se succèdent : la charge des hélicoptères au son de «La Walkyrie» de Wagner, un village du bord de mer rasé au napalm par un dément qui veut faire du surf, des «playboy girls» dansant devant les soldats harassés au bord de l’hystérie, d’innombrables scènes de sadisme… En tout 600 000 mètres de pellicule, soit 350 heures de film que Coppola monte et remonte inlassablement au prix de coupes draconiennes. Enfin de compte, le film sort en 1979. Coppola est au bout du rouleau. Il remporte sa deuxième Palme d’or à Cannes, mais il est laminé. Il a risqué sa vie, sa fortune, son mariage. Pendant deux ans, il reste silencieux ! Quelques mois après la sortie d’«Apocalypse now», l’argent commence à rentrer, Il en profite pour acheter des studios. Son choix est déjà fait, ce sera le célèbre Hollywood Central Studio de Los Angeles, construit en 1916 et rebaptisé immédiatement Zoetrope. Neuf plateaux, quinze hectares de superficie et de légende sur lesquels tournèrent Douglas Fairbanks, Harrold Lloyd et Charlie Chaplin. Zoetrope fonctionne comme l’Hollywood de l’âge d’or. On y emploie des comédiens, des techniciens et des scénaristes à l’année, Wim Wenders y est invité pour réaliser «Hammett». On distribue «Hitler» et «Ludwig» de Syberberg… Parallèlement, le studio est doté pour un million de dollars d’équipement électronique. Telle est la dernière folie de Coppola. L’électronique sauvera le cinéma. Sa démonstration est simple : avec l’informatique, on gagne du temps (dans le domaine du montage en particulier, puisque tout est mis en mémoire automatiquement) donc on réduit l’inflation galopante des budgets. Avec ce nouveau matériel, Coppola commence à tourner ce qui sera le seul film entièrement réalisé en studio sous contrôle électronique : «Coup de cœur». Le film a d’abord été conçu sous forme de story-board électronique, un brouillon sur ordinateur en quelque sorte, malléable à merci et qui sert de référence tout au long du tournage. Pour cette bluette romantique, Coppola a fait construire un Las Vegas de bazar, tout en trompe l’œil. Sur fond de néon couleur guimauve et de blues douçâtre (la musique est signée Tom Waits), un couple se sépare, se perd, se retrouve dans un rêve éveillé où passe et repasse une apparition funambulesque (Nastassja Kinski). Saturé de mort et de guerre jusqu’à l’overdose, Coppola s’offre ce «coup cœur» : il a envie de parler d’amour. Du fond de son camion studio, rivé à ses écrans vidéo, il contrôle tout ce qui se passe sur le plateau et peaufine «cette histoire d’un homme d’une femme, d’un autre homme d’une autre femme». Résultat : un énorme gâteau dont on a tant parlé que le public américain en est écœuré avant même qu’on le lui présente. Ce sera un échec total. Coppola est ruiné. A bout de souffle, il a commis une autre folie. Pour 20 000 dollars, il a loué la salle du Radio City music hall de New York afin de présenter un nouveau montage du «Napoléon» d’Abel Gance. Dans sa largesse, il a dépensé 24 000 dollars supplémentaires pour une page de publicité dans le New York Times. Tout cela pour signaler, comme il se doit, le grandiose événement. Aux yeux du tout-New York intellectuel ébaubi, accompagné d’une musique composée et dirigée par papa Coppola, «Napoléon» est un succès. Mais Coppola est au tapis. Sa folie des grandeurs(disent les méchantes langues) l’a perdu. Le rêve s’écroule. American Zoetrope est à vendre. Il ne lui reste plus qu’une solution :se remettre à l’ouvrage. Le génie, que l’on croyait terrasser, met les bouchées doubles. Une trentaine de jeunes fans lui ont en quelque sorte passé une commande : tourner l’adaptation d’«Outsiders», le best-seller d’une jeune romancière de seize ans, Suzie Hinton, leur livre de chevet favori. Jetant aux oubliettes les quadragénaires sur le retour, Coppola se passionne pour ces récits de conflits entre bandes adolescentes rivales. Réfugié à Tulsa (lieu réel de l’action), enthousiasmé par son équipe de jeunes comédiens (Matt Dillon, Ralph Maccio, C. Thomas Howell, Rob Lowe), il prend un bain de jeunesse et s’attaque dans sa lancée à un autre roman de Suzie Hinton, «Rumble fish».Au fin fond de l’Oklahoma, Coppola s’en va à la rencontre des années cinquante, de ses rebelles sans cause que furent, en leur temps, James Dean et Merlon Brando. En 1983, il livre à la jeunesse américaine deux films qui concrétisent leur révolte et leurs espoirs perdus. Le premier, «Outsiders», plus commercial, tourné en couleur, rapportera dix fois sa mise. «Rumblefish», le second (exploité à l’étranger sous le titre de «Rusty James»), sorti quelques mois après, est en noir et blanc (pour cause, son héros est daltonien !), plus intimiste et tourné avec des acteurs venus du théâtre (dont Mickey Rourke). Succès d’estime ! Quand en février 1984 Zoetrope est finalement vendu, Coppola vient d’achever «Cotton Club» à New York, dans les studios Astoria, un film qui lui a coûté dix-sept mois de travail et 50 millions de dollars de budget. C’est le premier film qu’il ne produit pas lui-même depuis «Apocalypse now». Le producteur est Robert Evans, dont l’ambition aurait été de réaliser lui-même «Cotton Club». Au terme de péripéties sans nombre, le projet échoua enfin entre les mains de Coppola. «Cotton Club», c’est un peu un « Parrain3″ : Harlem, paradis des mauvais garçons, sur fond de Roaring twenties, la prohibition et, en vedette, le jazz. Le Cotton Club était un lieu interdit aux consommateurs noirs, mais où se produisait la fine fleur des musiciens «colorés» de l’époque, un endroit mythique où la jeunesse dorée de New York goûtait délicieusement le plaisir de s’encanailler aux côtés de Lucky Luciano et d’Al Capone. Plaquées sur tout cela, les mésaventures amoureuses d’un danseur de claquettes (Gregory Hines) et de sa dulcinée (la chorus girl Lonette Mc Kee), mêlées à celles identiques d’une jeune chanteuse (Diane Lane) et d’un cornettiste (Richard Gere). Coppola appelle cela du cinéma commercial ! En attendant la carrière prometteuse du film, il s’est livré à un exercice de style pour la télévision (une première pour lui). En six jours et avec 650 000 dollars (une misère !) aidé de la technologie vidéo la plus sophistiquée, il vient- de boucler «Rip van Winckle», un conte merveilleux créé au théâtre par Shelley Duvall et pour lequel il a fait appel à sa sœur (Talla Shire) pour l’interprétation, et à son père (Carmine Coppola) pour la musique. Quant à ses projets, ils sont nombreux : au cinéma, «Peggy Sue got married» avec Debra Winger (la révélation de «Tendres passions»). En vidéo (il y revient toujours !), une adaptation de la pièce de Pirandello, «Six personnages en quête d’auteur». L’an dernier, il avait déclaré vouloir abandonner les tournages pour se consacrer à la production. Coppola n’est pas à une contradiction près !

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